se mettre en route
La route, quelle que soit la condition, est accessible pour celui qui peut voir. L’homme,  dit-on, est un pèlerin, homme viator, parce qu’il se met en route. Il ne trouve le sens de sa vie qu’en se mettant en route, qu’en allant et découvrir le monde et autre, et qu’en se dépassant de soi-même. Il  est un être transcendent parce qu’il est capable de se transcender, c’est-à dire de se mettre en route.
L’évangile de ce dimanche nous fait face à un Barthimée, un mendiant aveugle qui était assis au bord de la route. Il n’a pas d’accès à la route parce qu’il était aveugle. Sa vie dépende des autres,  et c’est pour cela qu’il mendiait. Rester au bord du chemin nous informe un fait. C’est celui de l’exclusion et du rejet. Il n’a d’accès que lorsque quelqu’un vient le conduire sur la route.  C’est un autre qui peut le relever de l’exclusion.  Cette dépendance se montre claire lorsque Jésus y passait. Barthimée, ayant appris que c’était Jésus – on suppose qu’il aurait entendu parlé de lui - criait et appellait Jésus. Son crie heurte l’exclusion de la masse de foule qui suivait Jésus. Elle voulait le faire taire. Toutefois, il continue à crier de plus belle « Jésus, Fils de David, prends pitié de moi ».
La réaction de Jésus est impressionnante.  Il entend le crie de l’aveugle, et il s’arrête. Il s’arrête pour changer la direction de la masse et même pour ouvrir la nouvelle route, c’est celle d’une attention passionnante de Dieu à l’égard des rejetés et des opprimés comme Barthimée. Le dialogue qui se poursuite n’est pas moins intéressant. Jésus lui pose cette question « qu’est-ce que tu veux que je fasse » ? Barthimée lui répond « Rabouni, que je recouvre la vue ». D’un seul instant il paraît qu’il s’agit d’une seule demande et que l’on trouve normal. Mais,  regardons bien la teneur de sa demande. Il appelle Jésus Rabouni, c'est-à-dire maître. Ceci dit qu’il souhait d’abord d’être le disciple de Jésus. Il veut suivre Jésus. Et après vient la demande de pouvoir recouvrir sa vue. Jésus répond et confirme tout de suite cette demande : « Va, ta foi t’a sauvé ».
Il est bien clair donc que l’on ne peut pas être sauvé et guéri sans tout d’abord être le disciple de Jésus, c'est-à-dire de l’imiter. Imiter Jésus signifie d’accepter la souffrance et d’y persévérer parce que Jésus lui-même a souffert jusqu’au bout. Avoir foi en lui signifie avoir la même espérance que Jésus que la main puissante de Dieu ne nous abandonne jamais. La foi en lui c’est une foi qui nous rende disciple, qui nous pousse toujours à nous mettre en route de l’amour. (Tardelly,sx) 



Le semeur c'est la parole semée

 Une pédagogie du coeur

Depuis des siècles, les relations humaines deviennent la source d’inspiration de l’art : de la poésie, de la pensée, de la réflexion, de chants et bien d’autres choses. Ceux-là, en fait, sont des mesures qui à la fois encadrent et délimitent jusqu’à quel point ces relation humaines sont exprimables. Le langage verbal, artistique ou musical sert à mesurer la qualité. De plus la qualité de relation est bonne, de plus son langage est beau ; de plus une relation révèle une vérité, de plus elle est attirante.
Jésus se servait des paraboles pour encadrer et mesurer la qualité de la relation qu’il entretenait avec ses auditeurs.  Elles sont des raccourcies cognitives et affectives pour arriver au sens profond de l’enseignement de Jésus. On se laisse mesurer lorsque l’on les écoute, en déchiffre le message, on se laisse interrogé par ce dernier.
La parabole du semeur dont nous parle l’évangile selon St. Marc vient après le discours sur la parenté de Jésus. Ce dernier a surpris la foule, ses auditeurs, spécifiquement ses familles proches. Pour Jésus, ne sont que ses frères et sa mère ceux qui font la volonté de Dieu son Père.
Cette parenté est expliquée davantage dans la parabole du semeur (Marc 4,1-9) dont l’explication est choisie dans la liturgie de ce dimanche. Jésus parle et enseigne la foule en parabole. C’est un procédé discursif très simple et familière à ses contemporains. La vérité est présentée et transmise moyennant des personnages ou des images connues de la quotidienne qui leur permettent à songer à la nature de cette vérité. Il ne s’agit pas d’établir ni délivrer une définition toute faite de la vérité, mais de la déchiffrer ou de la démonter  en pièces facile et accessible pour que à leur tour, les audiences peuvent la reconstituer.
Pour ses disciples, il y a un privilège. Jésus leur expliquait le sens de la parabole.  Le semeur (dans la Bible de Jérusalem) c’est toute une proposition : la parole qu’il (le semeur) sème. Autrement dit, le semeur est égal de la Parole semée. On peut en comprendre que la parenté est comme quelque chose à semer dans la terre. Ce qui est étonnant, la Parole n’est d’autre que sa vie toute entière donnée et plantée dans notre cœur. Le semeur, c’est Dieu qui s’est donné la vie pour nous. La Parole semée est tombée. Cela explique la gratuité du don de Dieu. Jésus prend contact avec tous les hommes et la leur donne sans aucune condition. Ce don suppose une attitude d’accueil de notre part, sans doute dans la liberté. Et voici Jésus déploie plus au moins quatre catégories des personnes qui expriment leur attitude de réception de manière différente.
D’abord, ceux qui rencontrent Dieu dans leur vie, mais ils ne l’écoutent pas. La parole de Dieu qu’ils écoutent, ils ne veulent pas entendre. Il est clair que cette présence divine s’efface rapidement vis-à-vis le pouvoir du mal. Ceux-là sont décrits comme le bord d’un chemin. Ensuite, il y a ceux qui sont comme le sol pierreux. Bien qu’ils accueillent Dieu, mais ils ne sont pas capables de faire de lui leur soutien vis-à-vis la souffrance et la persécution. Leur foi ne dure pas parce qu’ils ne préservent pas. Par conséquent,  la parole n’a pas de racine. Et puis, il existe ceux qui ont entendu la parole et se sont laissés planté par Dieu de la parole. Toutefois, à cause de la richesse du monde et des convoitises de tout genre, leur cœur est partagé et y est soumis. C’est pourquoi la parole de Dieu est étouffée et ne donne pas de fruit. Ceux-là sont comme la terre épineuse. Et enfin, il y a ceux qui sont une bonne terre qui accueillent la Parole, l’écoutent, la mettent en pratique et veulent pousser dans la souffrance, la tentation, et la persécution avec persévérance ; ils sont piqués et blessés même par la séduction de ce monde, mais ils ne sont pas affectés et restent fidèle à Dieu.
Il nous reste de nous demander de quelle catégorie nous faisons partie ? Ces quatre catégories sont d’une portée pédagogique. Elles désignent quelque part notre parcours à la suite du Christ. Puisque nous ne sommes pas parfaits, la plus part d’entre nous commencent peut-être de la première catégorie, et puis on s’avance à la deuxième, à la troisième et enfin à la quatrième. Ce qui est plus important c’est de ne pas rester dans une des trois premières catégories. Il nous faut nous convertir chaque jour et il nous faut labourer notre cœur chaque jour pour qu’elle devienne bonne et prête à accueillir Dieu dans notre vie. La parabole du semeur enfin de compte nous est une pédagogie de cœur.


Le déracinement

Le désir et la quête du bonheur appartient à tout homme, exprimés de façon différente d’une époque et d’une autre. L’histoire d’un jeune homme racontée dans l’évangile nous les rappelle. Nous sommes en face d’une réalité humaine : la tendance propre à l’homme de ne jamais se satisfaire de quoi que ce soit. L’idéologie du marche en profit et en fonde sa loi. L’homme par sa nature veut toujours quelque chose de plus. La loi ou les normes sont crées pour organiser mieux cette tendance et pour l’élever au niveau plus supérieur à travers le travail afin de l’empêcher d’être une force destructive. Les dix commandements  s’inscrivent dans cette logique, ainsi que d’autres lois humaines. Pourtant le désir ou la tendance humaine va toujours au-delà de ce que les lois prescrivent, voire les transgresser. En effet, la force de la liberté qui pousse cette tendance jusqu’à la transgression des limites normatives. 
se déraciner 
Il est bien vrai que one ne peut pas fonder notre vie  et la quête du bonheur sur la loi humaine parce qu’elle est partout inventée, faite ou existe postérieurement par rapport à l’existence du désir humain. Il faut donc quelque chose plus sûre, qui vient avant ou préexiste avant notre désir  humain. C’est l’amour même de Dieu. La quête du bonheur sans  Dieu est une quête sans avenir et sans repère. 
Jésus admire le bon conduit et mieux encore la perfection du jeune homme. L’évangéliste de Marc nous rapporte ceci « Jésus le regarda et l’aima. ». Ce geste, à mon sens, manifeste le respect du Seigneur à la liberté du jeune homme. De même qu’il  fait attention à l’importance de son désir, de même Jésus respecte notre liberté et notre quête du bonheur. Après le mouvement des Hippies des années 60, on sent le besoin plus fort de comprendre nos jeunes, surtout leurs aspirations, leurs envies, leurs rêves, bref, leur liberté. Les jeunes ont joué beaucoup de rôles importants dans la transformation de nos sociétés modernes. L’attitude accueillante de Jésus met en question la notre.  Il est souvent qu’à cause de notre façon de vivre que nos la vie de nos jeunes fait le naufrage. C’est parce qu’on n’est plus fidèle à notre mariage, que notre foyer perd sa fonction comme lieu d’identification de nos enfants. Le divorce explique souvent la présence de tendances homosexuelles chez nos jeunes. Ils perdent la figure d’un papa et d’une maman, chacun avec son propre et véritable rôle. La cause principale c’est que notre foyer n’est pas vraiment fondé par amour. Souvent dans notre société, c’est le contrat, c’est l’intérêt égoïste de chacun qui fonde nos familles. On cherche à tout prix donc à gagner l’argent, la richesse au détriment  de notre temps pour l’autre, pour nos familles. 
Jésus invite le  jeune homme à vendre ce qu’il possède pour pouvoir acquérir au bonheur véritable. Il le demande, parce que Lui-même il a déjà abandonné les siens pour vivre le véritable amour avec les autres : les pécheurs, les prostitués, les malades, les opprimés. Le partage ou la charité est les mains et les pieds même de l’amour. Dans une famille fondée par le matérialisme et l’égoïsme, les enfants n’arrivent pas à comprendre le sens du partage. Le partage est un langage du bonheur. Il n’est qu’un partage parce qu’il est gratuit et sans condition. Jésus l’a montré jusqu’à la croix. 
Dans notre monde hédonistique et égoïste, c’est très facile de trouver les jeunes qui se plongent dans l’alcoolisme, les drogues, la prostitution et d’autres types de perversions. Certains sont pourtant les victimes d’une société qui ne donne plus la place au partage. Tout est mesuré et acheté. Le problème que nos frères européens affrontent actuellement, celui de la mesure d’austérité ne privilège trop l’importance du partage. C’est plutôt l’équilibre que ce système cherche. Donc on est dans un système, et non dans la logique de l’amour. Parce qu’il n’y a pas de gratuité,  il n’y a plus de justice. Les faibles dans ce combat économique, n’ont d’autres choix que prendre la raccourci : voler, se prostituer, se transexualiser, etc, pour pouvoir avoir le pain quotidien. Notre monde, croyez-moi, ne se tient que par le partage. 
Partager, c’est très dur à faire. C’est comme un arbre déraciné pour pouvoir être planté dans un autre champ afin de donner des nouveaux fruits. Pour terminer, je cite Simone Weil, notre philosophe qui a lutté pour le partage lorsqu’elle parlait du déracinement : « …les arbres, contre toute apparence, plongent leur racines dans le ciel car ils tiennent de la lumière l’énergie dont ils ont besoin pour se foncer dans la terre. Si l’homme est réellement une plante céleste, c’est par sa double appartenance, au ciel et à la terre ». Donc, le bonheur n’est possible par cette double appartenance.  (tardelly)


Dying for loving
Je me souviens d’un film bande dessiné, the miracle maker  dont le titre français me parait étrange, il était une fois Jésus (sortie en l’an 2001). Or ce titre met en lumière de ce que les évangélistes ou bien encore les contemporains de Jésus appellent  le miracle ou le prodige. Il était une fois Jésus c’est un temps de récit qui voulait tout simplement situer ce qu’il raconte dans le temps et l’espace bien précis. Donc, les contemporains de Jésus ne comprenaient pas le miracle ou le prodige tel que nous les comprenons maintenant nous dont la manière de pensée quelque part imprégnée du rationalisme philosophique ou d’autre système de pensée.  Pour eux, tout ce qui arrivait au genre humain fut lié à la puissance de Dieu. Dieu leur devint la catégorie de pensée.
L’Evangéliste Marc (Marc 9,38-50) nous informer par la suite que Jean, le disciple de Jésus a appris qu’il y avait quelqu’un d’autre qui expulser les démons en nom de Jésus alors qu’il n’était pas le disciple de Jésus. Il n’était pas d’ailleurs nouveau qu’à l’époque il existait quelques guérisseurs comme Jésus. Le problème que posait Jean est donc un problème d’appartenance à Jésus. L’idée sous-jacente de la question c’est qu’il n’est tolérable que quelqu’un qui n’est pas disciple de Jésus puisse agir en nom de Jésus, pire encore expulser les démons en ce même nom. La solution est claire, soit de l’empêcher soit de lui imposer l’appartenance à Jésus, c’est-à dire de le forcer accepter Jésus. Inconsciemment Jean met en cause l’appartenance de Jésus, à qui il appartenait, à eux seulement ou à tous ? La réponse de Jésus n’est pas moins claire : «  Ne l’en empêchez pas, car il n’est personne qui puisse faire un miracle en invoquant mon nom et sitôt après parler mal de moi. Qui n’est pas contre nous est pour nous ». Jésus refusait donc l’attitude sectaire ou la tendance de se faire ghetto au sein de son group. Appartenir au Christ n’est pas une obligation, mais une vocation ou un appel qui laisse l’homme libre à choisir. Parce que Jésus a décidé de s’appartenir à tous, il est normal donc que quelqu’un peut l’accueillir sans toutefois devenir son disciple.
 L’expression « en mon nom », à mon sens, nous aide à comprendre cette idée. Jésus n’a pas dit « avec mon nom », mais « en mon nom ». Cela dit qu’il n’est pas nécessaire que son nom soit prononcé orthographiquement par qui que ce soit pour être son disciple. « En mon nom » signifie que l’homme agit dans « la vérité », c’est la véritable identité de la personne de Jésus. Rappelons-nous quand il dit à la samaritaine, « …l’heure vient où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jean 4, 23a). La conséquence est évidente. Tous ceux qui font le bien et agissent dans la vérité ceux-là appartient au Christ, eux-aussi. Nous connaissons beaucoup de gens non-chrétiens qui reconnaissent ou du moins respectent la vérité de la foi chrétienne sans qu’ils soient chrétiens, ainsi que d’autres qui, ayant été formés dans des écoles ou des établissements chrétiennes, même s’ils ne sont pas devenus chrétiens, vivent et pratiquent la vérité, la justice, l’amour, mais où est notre particularité ?
Ce qui nous définit étant disciple du Christ c’est surtout notre responsabilité.  Jésus en parle de façon vraiment violente. En effet c’est une manière de parler pour nous aider à comprendre ce qu’il voulait nous enseigner. Si notre main, nos yeux, nos bouches, nous donnent l’occasion de tomber dans le péché surtout celui de scandaliser nos prochains, il nous vaut mieux d’en enlever une partie que d’entrer dans le ciel avec  tous les membres complètes de notre corps. Par là Jésus voulait que notre style de vie soit un bon témoignage de ce qu’il est, de ce qui est Christ pour les autres qui ne le connaissent pas, et non le contre témoignage. Notre tâche qui définit donc notre identité, celle de faire connaître Jésus à travers notre manière de vie, pour que son nom soit connu par le monde entier. Notre vocation, tel que Jésus la souligne dans la dernière partie de ce passage, c’est d’être du sel pour le monde. Le sel a pour fonction de donner la saveur ou le goût au monde. Comment ? C’est vivre comme Jésus. Devenir son disciple, peut-être facile, mais vivre comme lui, c’est une autre chose. Mourir pour aimer et mourir d’amour de Dieu c’est sacrifier notre propre intérêt pour la cause des autres. (tardelly,sx)


pain de vie
« En chemin » ou bien « chemin faisant », ce sont des expressions dont on se sert pour exprimer deux actions qui se font presque au même temps. Dans l’évangile que nous écoutons aujourd’hui (Marc 8, 27-37), cette expression introduit l’amont du texte. Elle nous informe que pendant que Jésus s’en allait vers les villages de Césarée de Philippe, il posait à ses disciples une question. L’expression évoquée se superpose avec le mot « suivre ». Ce dernier est souvent attribué dans des passages évangéliques aux disciples de Jésus. Justement, ce passage se progresse en une scène où Jésus leur déployait les conditions de le suivre.

Nous ne pouvons pas se passer ou prendre à la légère cette question. Elle fait sonner un appel de Jésus à la découverte de sa personne. Faire le chemin est une itinéraire délicat qui nous demande de creuser et de découvrir qui est Jésus pour nous. Jésus la pose à ses disciples en chemin « Qui suis-je au dire des gens ? ». Il voulait savoir si ses disciples avaient la même idée que celle des gens assistant aux événements récents de guérison. Il veut savoir de nous aussi si notre connaissance à l’égard de sa personne est comme celle des ses contemporains. Notre connaissance de Jésus, est-elle semblable à un dictionnaire ou livre de poche qu’on consulte et puis on remet à la poche sans la mise à jour ?

On parle beaucoup aujourd’hui dans notre société de technologie de la mise à jour de logiciels de nos ordinateurs ou de nos portables. Elle a pour but de rendre la machine plus apte à la nouveauté numérique et communicable avec des autres logiciels nouveaux. Jésus, en effet, demande la mise à jour de notre foi en lui. Il souhaite qu’on mette au jour  notre connaissance de sa personne et cela n’est possible que dans la mesure où nous le suivons comme les disciples. Il ne suffit pas de se contenter de la connaissance de ce qu’il est, si correcte ou vraie soit-elle. Il ne suffit pas du tout d’observer les exigences cultuelles, de maitriser par cœur les articles de foi, de réciter de belles prières, ainsi de suite. Jésus veut que notre foi soit vivante, une foi qui s’incarne dans la charité. La charité est quelque chose très concrète. Elle est conséquence de la découverte de la personne de Jésus.. Saint Jacques en fait éloge en disant « La foi peut-elle sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus, s’ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l’un d’entre vous leur dise ‘Allez en paix, chauffes-vous, rassasiez-vous’ sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? Ainsi si la foi n’pas les œuvres, elle est tout à faite morte ».

Faire chemin avec Jésus c’est de l’accepter tel qu’il est. Il nous dit qu’il est présent en ceux qui ont faim, qui ont soif, qui n’ont pas d’habilles, qui sont en prison, qui sont persécutés. Et tout ce que nous faisons à nos frères à nous sœurs, nous le faisons pour lui (Matthieu 25). Il dévoile dans le passage ce dimanche une outre dimension de sa personne : la souffrance. Pour Pierre, c’est une plaie qu’il ne faut pas regarder. Il lui est difficile d’imaginer que le Messie souffre. Il va même plus loin jusqu’à l’empêcher de continuer son chemin. Ce qui se produit après est vraiment surprenante et inattendue. Jésus le gronde comme un couperet « passe derrière moi Satan. Car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celle des hommes ». C’est très dur. Eh bien, on peut en faire allusion à la tentation au désert lorsque Jésus fut tenté par Satan. Je voudrais tirer votre attention sur une de ces tentations. C’est celle de demander à Jésus de changer la pierre en pain. Nous connaissons la réponse : « l’homme ne vit pas seulement de la nourriture mais de la parole de Dieu ».

Qu’est-ce que la parole de Dieu sinon Jésus lui-même. Il est la parole qu’il faut écouter et suivre. Les conditions qu’il pose pour le suivre se coulent de sa propre vie et de son destin : se renier soi-même, se charger de sa croix et le suivre ». De sa découverte, Jésus nous appelle à sa suite. Découvrir Jésus nous demande de nous convertir de nos propres idées de Jésus à celle de lui-même. Il est la parole qui est devenue notre pain quotidien parce qu’il s’est livré sur la croix pour nous sauver. Entre la pierre et le pain, se glisse la parole pour que notre vie soit un don comme le pain déchiré et partagé au soir de la pâque où l’Agneau Pascale est immolé. Cette parole qui se glisse dans notre vie de pécheur pour que notre cœur de pierre soit le rocher sur le quel Dieu construit sa demeure. Pierre l’apôtre s’est converti au lendemain de la résurrection. Puisqu’il a mis au jour sa foi, Jésus a fait de lui son Eglise. Le pape qui lui succède nous fait le pont avec Jésus. Dans la communion avec lui, nous les chrétiens veulent vraiment un pain de vie pour ce monde affamé de la justice, de l’amour, de la paix et du pardon. 

Tardelly,sx





Dans notre expérience humaine, nous connaissons le phénomène de l’affectivité humaine selon la quelle l’homme dans son profondeur est un être qui est capable d’être marqué par quelque chose de l’extérieur.  Nous sommes affectés soit par une présence soit par une absence de quelque chose ou d’une personne qui nous coûte chère.
L’année passée, du retour de mon voyage au village de mon père, le bus que je prenais, a eu l’accident horrible. J’en ai été sauvé. Cette accident sans doute a tardé l’arrivé prévu qui a fait objet d’inquiétude de ma mère.  Quand je suis arrivé, elle m’a embrassé et elle dit qu’à l’heure où nous avons cet accident là, elle sentait qu’il y a quelque chose qui n’allait pas. Cela me fait comprendre ce que la fête de sacre cœur de Jésus peut nous enseigner.
 Il y plusieurs passages bibliques magnifient le cœur de Jésus. J’en choisi deux.  Le premier, c’est le récit du bon pasteur qui laisse les quatre-ans dix neuf brebis pour en sauver une qui est perdue. Lui, il est marqué par l’absence et la perte de la brebis. Deuxième, le récit de Massa et Mériba (Exode 17,3-7) . Le peuple d’Israël se plaignait au désert de la peine de la soif qu’il affrontait. Il murmurait et lamentait l’abandon de Dieu à son égard. Dieu ordonne à Moise à frapper le rocher par son bâton. De ce rocher dur jaillissait l’eau et Israël en buvait. Cet épisode est plus tard connu comme le drame de Massa et Meriba et qui sera repris par l’Eglise comme des psaumes d’invitatoire pour l’office de Laudes.  Dieu dans ce passage s’est présenté marqué par la souffrance de son peuple, mais aussi pas son entêtement. Si le psaume 94 nous fait mémoire de ce drame, c’est pour que nous ne commettions pas la même erreur que celui d’Israël. Il nous invite à la fidélité, à rester attacher à Dieu de l’alliance qui est présent dans son absence.
De même que Dieu était mis en question au désert, de même que le Christ était éprouvé jusqu’à rien ne lui reste. Le passage de l’évangile de Jean 19, 31-37 évoque la manifestation la plus dramatique de l’affection divine. L’officier romain perçait le côté de Jésus pour savoir s’il était encore vivant ou non.  Loin d’être une affirmation de la mort de Dieu, ce passage annonce la vie de Dieu ; nous dispose le cœur ouvert de Dieu qui ne cesse de se donner. Ce passage, à mon sens, affirme davantage que si Dieu s’est laissé  tellement affecté par gémissements et même les entêtements d’Israël qu’il lui donnait l’eau à boire, combien Il montre sa passion et sa plus parfait affection dans son fils Jésus Christ. Contempler le côté percé de Jésus, signifie contempler la gratuité de l’amour de Dieu, fixer notre regard sur le rocher de la vie éternelle qui ne nous donne pas seulement l’eau, mais la vie même de Dieu. (Tardelly, SX)






Dans le récit de la création, il nous est dit que l’esprit de Dieu « que au commencement lorsque Dieu créa le ciel et la terre, son esprit plane sur la surface des eaux » ou « agitait la surface des eaux »(Gn 1, 2). Cette image n’est étrange d’un fait naturel que nous connaissons bien. Il s’agit du vent qui produit des multitudes de vagues dans la mer. Le mot esprit est traduit de la langue grecque  pneuma qui signifie vent que nous ne connaissons rien d’où il vient et où il s’en va. Donc il n’est pas au hasard que les auteurs bibliques attribuent ce mot pour designer l’esprit de Dieu. C’est lui qui est le point de départ de la vie. C’est lui qui est à l’origine de tout mouvement vital de l’existence.
Ce qui pourrait être sous entendu de l’expression «  l’esprit plane sur la surface des eaux » c’est que cet esprit cherche à atterrir. La question  qui se pose c’est où va-t-il atterrir ? La réponse se trouve au deuxième récit de la création lorsque Dieu créa l’homme dont l’image est semblable à lui en insufflant dans ses narines une haleine de vie (cf Gn 2, 7). Nous sommes crées selon son image en ce sens que notre vie a vu le jour grâce à son don de soi. La vie dans le sens propre du mot est un don, parce qu’on ne la possède, mais on la reçoit.
Dieu s’est donné à nous depuis la création jusqu’à donner son fils Jésus Christ en qui il s’est vraiment chair. Pour le comprendre, prenons cet exemple : lorsque on gonfle le ballon on le remplie de l’air en y soufflant l’air de notre corps, mais jamais que l’on ne souffle jusqu’au dernier soupir. Pourtant, Dieu nous donne sa vie jusqu’à son dernier soupir. Il ne se contente de nous créer, mais il nous a donné sa vie. Son dernier soupir c’est son Fils Jésus Christ, parce que désormais il veut habiter parmi nous. En se faisant chair en son Fils Jésus, Dieu a revêtu notre humanité, notre faiblesse humaine.
Dans son discours d’adieu, Jésus promet à ses disciples la venue de l’Esprit Saint, qui va continuer sa mission. Il va rendre témoignage de Jésus, c'est-à-dire qu’il nous rappellera les paroles et les enseignements de Jésus. Il sera la présence éternelle de Jésus. Jésus ressuscité nous est présent dans son Esprit. Il est, encoure une fois, comme un vent dont la vocation pour nous guider pour nous situer dans notre aventure de foi. Il n’est pas par hasard que le mot grec paraclet signifie guide ou soutien, parce que l’Esprit Saint « nous guidera dans la vérité tout entière », et qu’il garantit notre avenir. « Il nous expliquera les choses à venir » (15 :13). Ce vent on ne le voit pas, ni le touche, mais on le sent quand même sa présence. La météo est un fait banal qui affirme cette réalité.
De même que le vent a besoin du moins d’un drapeau ou d’une tissue pour se faire montre la direction, de même l’Esprit Saint a besoin de nous pour pouvoir nous révéler sa vérité et pour faire corps en nous sa puissance. De même que Dieu a pris chair dans son fils Jésus, de même Jésus a besoin de nous pour que son esprit montre et devienne la mouvance constante de l’humanité toujours renouvelée. Jésus a besoin de nous, de notre collaboration pour que son amour, son désir d’aimer sans condition devient la seule mouvance de l’humanité. L’Esprit Saint n’est rien d’autre que l’amour du Christ à son père pour nous. Accueillir l’esprit c’est accueillir le désir d’aimer et d’être aimé sans condition.
Puisque il est comme le vent, l’esprit de Dieu est toujours l’esprit de liberté. Il nous rend libre et il est libre en soi-même. C'est-à-dire on ne peut pas la maitriser. Nous les chrétiens l’avons reçu au jour de notre baptême. Toutefois, il est donné à tous ceux qui sont à la recherche de la vérité ; ceux qui ont soif de la justice. Il continue à planer pour choisir où il peut mieux habiter et continuer devenir la mouvance créatrice qui produit comme dit St. Paul dans sa lettre aux galates, « charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance, douceur, maîtrise de soi» (Ga 5,22-23).
Parce qu’il a besoin de revêtir notre nature humaine, l’esprit ne détruit donc pas notre faiblesse. Il est vrai que nous sommes tous pécheur et que nous nous pouvons toujours tomber ou entrer dans la mouvance contraire que celle de l’Esprit : « fornication, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haine, discorde, jalousie, emportements, disputes, dissensions, scissions, sentiments d’envie, orgies, ripailles » (Ga 5,20-21). Toutefois, ce même esprit qui vient chaque jour frapper notre cœur pour que nous revenions à la vie, que nous ne restions pas dans l’emprise du mal. Il suffit de l’écouter et de le suivre.
L’écrivain français, Bernanos, un jour dit ceci «  La sainteté n’est pas un sport où triomphent les héros, mais une aventure où sont comblés les petits et les humbles ». Et bien ce sont des humbles, vivant dans la simplicité de l’Esprit et se reconnaissent pécheurs, qui savent accueillir et s’ouvrir à l’esprit. Ils sont capables de dire oui à l’amour et au peuvent donc participer à sa mouvance trop discrète mais certaine parce que
ils continuer à collaborer avec lui pour renouveler cette humanité jusqu’à son accomplissement. Vous êtes dans quelle mouvance ? (Reynaldo F. Tardelly) 

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