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| se mettre en route |
La route, quelle que soit la condition, est
accessible pour celui qui peut voir. L’homme,
dit-on, est un pèlerin, homme viator, parce qu’il se met en
route. Il ne trouve le sens de sa vie qu’en se mettant en route, qu’en allant
et découvrir le monde et autre, et qu’en se dépassant de soi-même. Il est un être transcendent parce qu’il est
capable de se transcender, c’est-à dire de se mettre en route.
L’évangile de ce dimanche nous fait face à un
Barthimée, un mendiant aveugle qui était assis au bord de la route. Il n’a pas
d’accès à la route parce qu’il était aveugle. Sa vie dépende des autres, et c’est pour cela qu’il mendiait. Rester au
bord du chemin nous informe un fait. C’est celui de l’exclusion et du rejet. Il
n’a d’accès que lorsque quelqu’un vient le conduire sur la route. C’est un autre qui peut le relever de
l’exclusion. Cette dépendance se montre
claire lorsque Jésus y passait. Barthimée, ayant appris que c’était Jésus – on
suppose qu’il aurait entendu parlé de lui - criait et appellait Jésus. Son crie
heurte l’exclusion de la masse de foule qui suivait Jésus. Elle voulait le
faire taire. Toutefois, il continue à crier de plus belle « Jésus, Fils de
David, prends pitié de moi ».
La réaction de Jésus est impressionnante. Il entend le crie de l’aveugle, et il
s’arrête. Il s’arrête pour changer la direction de la masse et même pour ouvrir
la nouvelle route, c’est celle d’une attention passionnante de Dieu à l’égard
des rejetés et des opprimés comme Barthimée. Le dialogue qui se poursuite n’est
pas moins intéressant. Jésus lui pose cette question « qu’est-ce que tu
veux que je fasse » ? Barthimée lui répond « Rabouni, que je
recouvre la vue ». D’un seul instant il paraît qu’il s’agit d’une seule
demande et que l’on trouve normal. Mais,
regardons bien la teneur de sa demande. Il appelle Jésus Rabouni,
c'est-à-dire maître. Ceci dit qu’il souhait d’abord d’être le disciple
de Jésus. Il veut suivre Jésus. Et après vient la demande de pouvoir recouvrir
sa vue. Jésus répond et confirme tout de suite cette demande : « Va,
ta foi t’a sauvé ».
Il est bien clair donc que l’on ne peut pas être
sauvé et guéri sans tout d’abord être le disciple de Jésus, c'est-à-dire de
l’imiter. Imiter Jésus signifie d’accepter la souffrance et d’y persévérer
parce que Jésus lui-même a souffert jusqu’au bout. Avoir foi en lui signifie
avoir la même espérance que Jésus que la main puissante de Dieu ne nous abandonne
jamais. La foi en lui c’est une foi qui nous rende disciple, qui nous pousse
toujours à nous mettre en route de l’amour. (Tardelly,sx)
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| Le semeur c'est la parole semée |
Une pédagogie du coeur
Depuis des
siècles, les relations humaines deviennent la source d’inspiration de l’art :
de la poésie, de la pensée, de la réflexion, de chants et bien d’autres choses.
Ceux-là, en fait, sont des mesures qui à la fois encadrent et délimitent
jusqu’à quel point ces relation humaines sont exprimables. Le langage verbal,
artistique ou musical sert à mesurer la qualité. De plus la qualité de relation
est bonne, de plus son langage est beau ; de plus une relation révèle une
vérité, de plus elle est attirante.
Jésus se servait
des paraboles pour encadrer et mesurer la qualité de la relation qu’il
entretenait avec ses auditeurs. Elles
sont des raccourcies cognitives et affectives pour arriver au sens profond de
l’enseignement de Jésus. On se laisse mesurer lorsque l’on les écoute, en
déchiffre le message, on se laisse interrogé par ce dernier.
La parabole du
semeur dont nous parle l’évangile selon St. Marc vient après le discours sur la
parenté de Jésus. Ce dernier a surpris la foule, ses auditeurs, spécifiquement
ses familles proches. Pour Jésus, ne sont que ses frères et sa mère ceux qui
font la volonté de Dieu son Père.
Cette parenté
est expliquée davantage dans la parabole du semeur (Marc 4,1-9) dont
l’explication est choisie dans la liturgie de ce dimanche. Jésus parle et
enseigne la foule en parabole. C’est un procédé discursif très simple et
familière à ses contemporains. La vérité est présentée et transmise moyennant
des personnages ou des images connues de la quotidienne qui leur permettent à
songer à la nature de cette vérité. Il ne s’agit pas d’établir ni délivrer une
définition toute faite de la vérité, mais de la déchiffrer ou de la
démonter en pièces facile et accessible
pour que à leur tour, les audiences peuvent la reconstituer.
Pour ses
disciples, il y a un privilège. Jésus leur expliquait le sens de la
parabole. Le semeur (dans la Bible de
Jérusalem) c’est toute une proposition : la parole qu’il (le semeur)
sème. Autrement dit, le semeur est égal de la Parole semée. On peut en
comprendre que la parenté est comme quelque chose à semer dans la
terre. Ce qui est étonnant, la Parole n’est d’autre que sa vie toute
entière donnée et plantée dans notre cœur. Le semeur, c’est Dieu qui s’est
donné la vie pour nous. La Parole semée est tombée. Cela explique la gratuité
du don de Dieu. Jésus prend contact avec tous les hommes et la leur donne sans
aucune condition. Ce don suppose une attitude d’accueil de notre part, sans
doute dans la liberté. Et voici Jésus déploie plus au moins quatre catégories
des personnes qui expriment leur attitude de réception de manière différente.
D’abord, ceux
qui rencontrent Dieu dans leur vie, mais ils ne l’écoutent pas. La parole de
Dieu qu’ils écoutent, ils ne veulent pas entendre. Il est clair que cette
présence divine s’efface rapidement vis-à-vis le pouvoir du mal. Ceux-là sont
décrits comme le bord d’un chemin. Ensuite, il y a ceux qui sont comme le sol
pierreux. Bien qu’ils accueillent Dieu, mais ils ne sont pas capables de
faire de lui leur soutien vis-à-vis la souffrance et la persécution. Leur foi
ne dure pas parce qu’ils ne préservent pas. Par conséquent, la parole n’a pas de racine. Et puis, il
existe ceux qui ont entendu la parole et se sont laissés planté par Dieu de la
parole. Toutefois, à cause de la richesse du monde et des convoitises de tout
genre, leur cœur est partagé et y est soumis. C’est pourquoi la parole de Dieu
est étouffée et ne donne pas de fruit. Ceux-là sont comme la terre épineuse. Et
enfin, il y a ceux qui sont une bonne terre qui accueillent la Parole,
l’écoutent, la mettent en pratique et veulent pousser dans la souffrance, la
tentation, et la persécution avec persévérance ; ils sont piqués et blessés
même par la séduction de ce monde, mais ils ne sont pas affectés et restent
fidèle à Dieu.
Il nous reste de nous demander de
quelle catégorie nous faisons partie ? Ces quatre catégories sont d’une
portée pédagogique. Elles désignent quelque part notre parcours à la suite du
Christ. Puisque nous ne sommes pas parfaits, la plus part d’entre nous
commencent peut-être de la première catégorie, et puis on s’avance à la
deuxième, à la troisième et enfin à la quatrième. Ce qui est plus important
c’est de ne pas rester dans une des trois premières catégories. Il nous faut
nous convertir chaque jour et il nous faut labourer notre cœur chaque jour pour
qu’elle devienne bonne et prête à accueillir Dieu dans notre vie. La parabole
du semeur enfin de compte nous est une pédagogie de cœur.
Le déracinement
Le désir et la
quête du bonheur appartient à tout homme, exprimés de façon différente d’une
époque et d’une autre. L’histoire d’un jeune homme racontée dans l’évangile
nous les rappelle. Nous sommes en face d’une réalité humaine : la tendance
propre à l’homme de ne jamais se satisfaire de quoi que ce soit. L’idéologie du
marche en profit et en fonde sa loi. L’homme par sa nature veut toujours
quelque chose de plus. La loi ou les normes sont crées pour organiser mieux
cette tendance et pour l’élever au niveau plus supérieur à travers le travail
afin de l’empêcher d’être une force destructive. Les dix commandements s’inscrivent dans cette logique, ainsi que
d’autres lois humaines. Pourtant le désir ou la tendance humaine va toujours
au-delà de ce que les lois prescrivent, voire les transgresser. En effet, la
force de la liberté qui pousse cette tendance jusqu’à la transgression des
limites normatives.
| se déraciner |
Il est bien
vrai que one ne peut pas fonder notre vie et la quête du bonheur sur la loi humaine
parce qu’elle est partout inventée, faite ou existe postérieurement par rapport
à l’existence du désir humain. Il faut donc quelque chose plus sûre, qui vient
avant ou préexiste avant notre désir
humain. C’est l’amour même de Dieu. La quête du bonheur sans Dieu est une quête sans avenir et sans
repère.
Jésus admire
le bon conduit et mieux encore la perfection du jeune homme. L’évangéliste de
Marc nous rapporte ceci « Jésus le regarda et l’aima. ». Ce geste, à
mon sens, manifeste le respect du Seigneur à la liberté du jeune homme. De même
qu’il fait attention à l’importance de
son désir, de même Jésus respecte notre liberté et notre quête du bonheur.
Après le mouvement des Hippies des années 60, on sent le besoin plus fort de
comprendre nos jeunes, surtout leurs aspirations, leurs envies, leurs rêves,
bref, leur liberté. Les jeunes ont joué beaucoup de rôles importants dans la
transformation de nos sociétés modernes. L’attitude accueillante de Jésus met
en question la notre. Il est souvent
qu’à cause de notre façon de vivre que nos la vie de nos jeunes fait le
naufrage. C’est parce qu’on n’est plus fidèle à notre mariage, que notre foyer perd
sa fonction comme lieu d’identification de nos enfants. Le divorce explique
souvent la présence de tendances homosexuelles chez nos jeunes. Ils perdent la
figure d’un papa et d’une maman, chacun avec son propre et véritable rôle. La
cause principale c’est que notre foyer n’est pas vraiment fondé par amour.
Souvent dans notre société, c’est le contrat, c’est l’intérêt égoïste de chacun
qui fonde nos familles. On cherche à tout prix donc à gagner l’argent, la
richesse au détriment de notre temps
pour l’autre, pour nos familles.
Jésus invite
le jeune homme à vendre ce qu’il possède
pour pouvoir acquérir au bonheur véritable. Il le demande, parce que Lui-même
il a déjà abandonné les siens pour vivre le véritable amour avec les
autres : les pécheurs, les prostitués, les malades, les opprimés. Le
partage ou la charité est les mains et les pieds même de l’amour. Dans une
famille fondée par le matérialisme et l’égoïsme, les enfants n’arrivent pas à
comprendre le sens du partage. Le partage est un langage du bonheur. Il n’est
qu’un partage parce qu’il est gratuit et sans condition. Jésus l’a montré
jusqu’à la croix.
Dans notre
monde hédonistique et égoïste, c’est très facile de trouver les jeunes qui se
plongent dans l’alcoolisme, les drogues, la prostitution et d’autres types de
perversions. Certains sont pourtant les victimes d’une société qui ne donne
plus la place au partage. Tout est mesuré et acheté. Le problème que nos frères
européens affrontent actuellement, celui de la mesure d’austérité ne privilège
trop l’importance du partage. C’est plutôt l’équilibre que ce système cherche.
Donc on est dans un système, et non dans la logique de l’amour. Parce qu’il n’y
a pas de gratuité, il n’y a plus de
justice. Les faibles dans ce combat économique, n’ont d’autres choix que
prendre la raccourci : voler, se prostituer, se transexualiser, etc, pour
pouvoir avoir le pain quotidien. Notre monde, croyez-moi, ne se tient que par
le partage.
Partager,
c’est très dur à faire. C’est comme un arbre déraciné pour pouvoir être planté
dans un autre champ afin de donner des nouveaux fruits. Pour terminer, je cite
Simone Weil, notre philosophe qui a lutté pour le partage lorsqu’elle parlait
du déracinement : « …les arbres, contre toute apparence, plongent
leur racines dans le ciel car ils tiennent de la lumière l’énergie dont ils ont
besoin pour se foncer dans la terre. Si l’homme est réellement une plante céleste,
c’est par sa double appartenance, au ciel et à la terre ». Donc, le
bonheur n’est possible par cette double appartenance. (tardelly)
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| Dying for loving |
L’Evangéliste Marc (Marc 9,38-50)
nous informer par la suite que Jean, le disciple de Jésus a appris qu’il y
avait quelqu’un d’autre qui expulser les démons en nom de Jésus alors qu’il
n’était pas le disciple de Jésus. Il n’était pas d’ailleurs nouveau qu’à
l’époque il existait quelques guérisseurs comme Jésus. Le problème que posait
Jean est donc un problème d’appartenance à Jésus. L’idée sous-jacente de la
question c’est qu’il n’est tolérable que quelqu’un qui n’est pas disciple de
Jésus puisse agir en nom de Jésus, pire encore expulser les démons en ce même
nom. La solution est claire, soit de l’empêcher soit de lui imposer
l’appartenance à Jésus, c’est-à dire de le forcer accepter Jésus.
Inconsciemment Jean met en cause l’appartenance de Jésus, à qui il appartenait,
à eux seulement ou à tous ? La réponse de Jésus n’est pas moins
claire : « Ne l’en empêchez pas, car il n’est personne qui
puisse faire un miracle en invoquant mon nom et sitôt après parler mal de moi.
Qui n’est pas contre nous est pour nous ». Jésus refusait donc l’attitude
sectaire ou la tendance de se faire ghetto au sein de son group. Appartenir au
Christ n’est pas une obligation, mais une vocation ou un appel qui laisse
l’homme libre à choisir. Parce que Jésus a décidé de s’appartenir à tous, il
est normal donc que quelqu’un peut l’accueillir sans toutefois devenir son
disciple.
L’expression « en mon nom », à mon
sens, nous aide à comprendre cette idée. Jésus n’a pas dit « avec mon
nom », mais « en mon nom ». Cela dit qu’il n’est pas nécessaire
que son nom soit prononcé orthographiquement par qui que ce soit pour être son
disciple. « En mon nom » signifie que l’homme agit dans « la vérité »,
c’est la véritable identité de la personne de Jésus. Rappelons-nous quand il
dit à la samaritaine, « …l’heure vient où les véritables adorateurs
adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jean 4, 23a). La conséquence
est évidente. Tous ceux qui font le bien et agissent dans la vérité ceux-là
appartient au Christ, eux-aussi. Nous connaissons beaucoup de gens non-chrétiens
qui reconnaissent ou du moins respectent la vérité de la foi chrétienne sans qu’ils
soient chrétiens, ainsi que d’autres qui, ayant été formés dans des écoles ou
des établissements chrétiennes, même s’ils ne sont pas devenus chrétiens,
vivent et pratiquent la vérité, la justice, l’amour, mais où est notre
particularité ?
Ce qui nous définit étant
disciple du Christ c’est surtout notre responsabilité. Jésus en parle de façon vraiment violente. En
effet c’est une manière de parler pour nous aider à comprendre ce qu’il voulait
nous enseigner. Si notre main, nos yeux, nos bouches, nous donnent l’occasion
de tomber dans le péché surtout celui de scandaliser nos prochains, il nous
vaut mieux d’en enlever une partie que d’entrer dans le ciel avec tous les membres complètes de notre corps. Par
là Jésus voulait que notre style de vie soit un bon témoignage de ce qu’il est,
de ce qui est Christ pour les autres qui ne le connaissent pas, et non le
contre témoignage. Notre tâche qui définit donc notre identité, celle de faire
connaître Jésus à travers notre manière de vie, pour que son nom soit connu par
le monde entier. Notre vocation, tel que Jésus la souligne dans la dernière
partie de ce passage, c’est d’être du sel pour le monde. Le sel a pour fonction
de donner la saveur ou le goût au monde. Comment ? C’est vivre comme
Jésus. Devenir son disciple, peut-être facile, mais vivre comme lui, c’est une
autre chose. Mourir pour aimer et mourir d’amour de Dieu c’est sacrifier notre
propre intérêt pour la cause des autres. (tardelly,sx)
![]() |
| pain de vie |
Nous ne
pouvons pas se passer ou prendre à la légère cette question. Elle fait sonner
un appel de Jésus à la découverte de sa personne. Faire le chemin est une
itinéraire délicat qui nous demande de creuser et de découvrir qui est Jésus
pour nous. Jésus la pose à ses disciples en chemin « Qui suis-je au dire
des gens ? ». Il voulait savoir si ses disciples avaient la même idée
que celle des gens assistant aux événements récents de guérison. Il veut savoir
de nous aussi si notre connaissance à l’égard de sa personne est comme celle
des ses contemporains. Notre connaissance de Jésus, est-elle semblable à un
dictionnaire ou livre de poche qu’on consulte et puis on remet à la poche sans
la mise à jour ?
On parle
beaucoup aujourd’hui dans notre société de technologie de la mise à jour de
logiciels de nos ordinateurs ou de nos portables. Elle a pour but de rendre la machine
plus apte à la nouveauté numérique et communicable avec des autres logiciels
nouveaux. Jésus, en effet, demande la mise à jour de notre foi en lui. Il
souhaite qu’on mette au jour notre
connaissance de sa personne et cela n’est possible que dans la mesure où nous
le suivons comme les disciples. Il ne suffit pas de se contenter de la
connaissance de ce qu’il est, si correcte ou vraie soit-elle. Il ne suffit pas
du tout d’observer les exigences cultuelles, de maitriser par cœur les articles
de foi, de réciter de belles prières, ainsi de suite. Jésus veut que notre foi
soit vivante, une foi qui s’incarne dans la charité. La charité est quelque
chose très concrète. Elle est conséquence de la découverte de la personne de
Jésus.. Saint Jacques en fait éloge en disant « La foi peut-elle
sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus, s’ils manquent de leur
nourriture quotidienne, et que l’un d’entre vous leur dise ‘Allez en paix,
chauffes-vous, rassasiez-vous’ sans leur donner ce qui est nécessaire à leur
corps, à quoi cela sert-il ? Ainsi si la foi n’pas les œuvres, elle est
tout à faite morte ».
Faire chemin
avec Jésus c’est de l’accepter tel qu’il est. Il nous dit qu’il est présent en
ceux qui ont faim, qui ont soif, qui n’ont pas d’habilles, qui sont en prison,
qui sont persécutés. Et tout ce que nous faisons à nos frères à nous sœurs,
nous le faisons pour lui (Matthieu 25). Il dévoile dans le passage ce dimanche
une outre dimension de sa personne : la souffrance. Pour Pierre, c’est une
plaie qu’il ne faut pas regarder. Il lui est difficile d’imaginer que le Messie
souffre. Il va même plus loin jusqu’à l’empêcher de continuer son chemin. Ce
qui se produit après est vraiment surprenante et inattendue. Jésus le gronde
comme un couperet « passe derrière moi Satan. Car tes pensées ne sont pas
celles de Dieu, mais celle des hommes ». C’est très dur. Eh bien, on peut
en faire allusion à la tentation au désert lorsque Jésus fut tenté par Satan.
Je voudrais tirer votre attention sur une de ces tentations. C’est celle de
demander à Jésus de changer la pierre en pain. Nous connaissons la
réponse : « l’homme ne vit pas seulement de la nourriture mais
de la parole de Dieu ».
Qu’est-ce que
la parole de Dieu sinon Jésus lui-même. Il est la parole qu’il faut écouter et
suivre. Les conditions qu’il pose pour le suivre se coulent de sa propre vie et
de son destin : se renier soi-même, se charger de sa croix et le
suivre ». De sa découverte, Jésus nous appelle à sa suite. Découvrir Jésus
nous demande de nous convertir de nos propres idées de Jésus à celle de
lui-même. Il est la parole qui est devenue notre pain quotidien parce qu’il
s’est livré sur la croix pour nous sauver. Entre la pierre et le pain, se
glisse la parole pour que notre vie soit un don comme le pain déchiré et partagé
au soir de la pâque où l’Agneau Pascale est immolé. Cette parole qui se glisse
dans notre vie de pécheur pour que notre cœur de pierre soit le rocher sur le
quel Dieu construit sa demeure. Pierre l’apôtre s’est converti au lendemain de
la résurrection. Puisqu’il a mis au jour sa foi, Jésus a fait de lui son
Eglise. Le pape qui lui succède nous fait le pont avec Jésus. Dans la communion
avec lui, nous les chrétiens veulent vraiment un pain de vie pour ce monde
affamé de la justice, de l’amour, de la paix et du pardon.
Tardelly,sx
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Dans notre
expérience humaine, nous connaissons le phénomène de l’affectivité humaine
selon la quelle l’homme dans son profondeur est un être qui est capable d’être
marqué par quelque chose de l’extérieur.
Nous sommes affectés soit par une présence soit par une absence de
quelque chose ou d’une personne qui nous coûte chère.
L’année
passée, du retour de mon voyage au village de mon père, le bus que je prenais,
a eu l’accident horrible. J’en ai été sauvé. Cette accident sans doute a tardé
l’arrivé prévu qui a fait objet d’inquiétude de ma mère. Quand je suis arrivé, elle m’a embrassé et
elle dit qu’à l’heure où nous avons cet accident là, elle sentait qu’il y a
quelque chose qui n’allait pas. Cela me fait comprendre ce que la fête de sacre
cœur de Jésus peut nous enseigner.
Il y plusieurs passages bibliques magnifient
le cœur de Jésus. J’en choisi deux. Le premier,
c’est le récit du bon pasteur qui laisse les quatre-ans dix neuf brebis pour en
sauver une qui est perdue. Lui, il est marqué par l’absence et la perte de la
brebis. Deuxième, le récit de Massa et Mériba (Exode 17,3-7) . Le peuple
d’Israël se plaignait au désert de la peine de la soif qu’il affrontait. Il
murmurait et lamentait l’abandon de Dieu à son égard. Dieu ordonne à Moise à
frapper le rocher par son bâton. De ce rocher dur jaillissait l’eau et Israël
en buvait. Cet épisode est plus tard connu comme le drame de Massa et Meriba et
qui sera repris par l’Eglise comme des psaumes d’invitatoire pour l’office de
Laudes. Dieu dans ce passage s’est
présenté marqué par la souffrance de son peuple, mais aussi pas son entêtement.
Si le psaume 94 nous fait mémoire de ce drame, c’est pour que nous ne
commettions pas la même erreur que celui d’Israël. Il nous invite à la
fidélité, à rester attacher à Dieu de l’alliance qui est présent dans son
absence.
De même que
Dieu était mis en question au désert, de même que le Christ était éprouvé
jusqu’à rien ne lui reste. Le passage de l’évangile de Jean 19, 31-37 évoque la
manifestation la plus dramatique de l’affection divine. L’officier romain
perçait le côté de Jésus pour savoir s’il était encore vivant ou non. Loin d’être une affirmation de la mort de
Dieu, ce passage annonce la vie de Dieu ; nous dispose le cœur ouvert de
Dieu qui ne cesse de se donner. Ce passage, à mon sens, affirme davantage que
si Dieu s’est laissé tellement affecté
par gémissements et même les entêtements d’Israël qu’il lui donnait l’eau à
boire, combien Il montre sa passion et sa plus parfait affection dans son fils
Jésus Christ. Contempler le côté percé de Jésus, signifie contempler la
gratuité de l’amour de Dieu, fixer notre regard sur le rocher de la vie
éternelle qui ne nous donne pas seulement l’eau, mais la vie même de Dieu. (Tardelly, SX)
Libellés : affection divine
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Dans le récit
de la création, il nous est dit que l’esprit de Dieu « que au commencement
lorsque Dieu créa le ciel et la terre, son esprit plane sur la surface des
eaux » ou « agitait la surface des eaux »(Gn 1, 2). Cette image
n’est étrange d’un fait naturel que nous connaissons bien. Il s’agit du vent
qui produit des multitudes de vagues dans la mer. Le mot esprit est traduit de la
langue grecque pneuma qui
signifie vent que nous ne connaissons rien d’où il vient et où il s’en va. Donc
il n’est pas au hasard que les auteurs bibliques attribuent ce mot pour
designer l’esprit de Dieu. C’est lui qui est le point de départ de la vie.
C’est lui qui est à l’origine de tout mouvement vital de l’existence.
Ce qui
pourrait être sous entendu de l’expression « l’esprit plane sur la
surface des eaux » c’est que cet esprit cherche à atterrir. La
question qui se pose c’est où va-t-il
atterrir ? La réponse se trouve au deuxième récit de la création lorsque
Dieu créa l’homme dont l’image est semblable à lui en insufflant dans ses
narines une haleine de vie (cf Gn 2, 7). Nous sommes crées selon son image en
ce sens que notre vie a vu le jour grâce à son don de soi. La vie dans le sens
propre du mot est un don, parce qu’on ne la possède, mais on la reçoit.
Dieu s’est
donné à nous depuis la création jusqu’à donner son fils Jésus Christ en qui il
s’est vraiment chair. Pour le comprendre, prenons cet exemple : lorsque on
gonfle le ballon on le remplie de l’air en y soufflant l’air de notre corps,
mais jamais que l’on ne souffle jusqu’au dernier soupir. Pourtant, Dieu nous
donne sa vie jusqu’à son dernier soupir. Il ne se contente de nous créer, mais
il nous a donné sa vie. Son dernier soupir c’est son Fils Jésus Christ, parce
que désormais il veut habiter parmi nous. En se faisant chair en son Fils
Jésus, Dieu a revêtu notre humanité, notre faiblesse humaine.
Dans son
discours d’adieu, Jésus promet à ses disciples la venue de l’Esprit Saint, qui
va continuer sa mission. Il va rendre témoignage de Jésus, c'est-à-dire qu’il
nous rappellera les paroles et les enseignements de Jésus. Il sera la présence
éternelle de Jésus. Jésus ressuscité nous est présent dans son Esprit. Il est,
encoure une fois, comme un vent dont la vocation pour nous guider pour nous
situer dans notre aventure de foi. Il n’est pas par hasard que le mot grec paraclet signifie guide ou soutien,
parce que l’Esprit Saint « nous guidera dans la vérité tout
entière », et qu’il garantit notre avenir. « Il nous expliquera les
choses à venir » (15 :13). Ce vent on ne le voit pas, ni le touche,
mais on le sent quand même sa présence. La météo est un fait banal qui affirme
cette réalité.
De même que
le vent a besoin du moins d’un drapeau ou d’une tissue pour se faire montre la
direction, de même l’Esprit Saint a besoin de nous pour pouvoir nous révéler sa
vérité et pour faire corps en nous sa puissance. De même que Dieu a pris chair
dans son fils Jésus, de même Jésus a besoin de nous pour que son esprit montre
et devienne la mouvance constante de l’humanité toujours renouvelée. Jésus a
besoin de nous, de notre collaboration pour que son amour, son désir d’aimer
sans condition devient la seule mouvance de l’humanité. L’Esprit Saint n’est
rien d’autre que l’amour du Christ à son père pour nous. Accueillir l’esprit
c’est accueillir le désir d’aimer et d’être aimé sans condition.
Puisque il
est comme le vent, l’esprit de Dieu est toujours l’esprit de liberté. Il nous
rend libre et il est libre en soi-même. C'est-à-dire on ne peut pas la
maitriser. Nous les chrétiens l’avons reçu au jour de notre baptême. Toutefois,
il est donné à tous ceux qui sont à la recherche de la vérité ; ceux qui
ont soif de la justice. Il continue à planer pour choisir où il peut mieux
habiter et continuer devenir la mouvance créatrice qui produit comme dit St.
Paul dans sa lettre aux galates, « charité, joie, paix, longanimité,
serviabilité, bonté, confiance, douceur, maîtrise de soi» (Ga 5,22-23).
Parce qu’il a
besoin de revêtir notre nature humaine, l’esprit ne détruit donc pas notre
faiblesse. Il est vrai que nous sommes tous pécheur et que nous nous pouvons
toujours tomber ou entrer dans la mouvance contraire que celle de l’Esprit : « fornication,
impureté, débauche, idolâtrie, magie, haine, discorde, jalousie, emportements,
disputes, dissensions, scissions, sentiments d’envie, orgies, ripailles » (Ga
5,20-21). Toutefois, ce même esprit qui vient chaque jour frapper notre cœur
pour que nous revenions à la vie, que nous ne restions pas dans l’emprise du
mal. Il suffit de l’écouter et de le suivre.
L’écrivain
français, Bernanos, un jour dit ceci « La sainteté n’est pas un sport où
triomphent les héros, mais une aventure où sont comblés les petits et les
humbles ». Et bien ce sont des humbles, vivant dans la simplicité de
l’Esprit et se reconnaissent pécheurs, qui savent accueillir et s’ouvrir à
l’esprit. Ils sont capables de dire oui à
l’amour et au peuvent donc participer à sa mouvance trop discrète mais certaine
parce que
ils continuer
à collaborer avec lui pour renouveler cette humanité jusqu’à son
accomplissement. Vous êtes dans quelle mouvance ? (Reynaldo F. Tardelly)
Libellés : Pentecôte
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