La présence d’un lépreux nous paraît gênante ainsi que les personnes avec des maladies contagieuses. Personne n’en veut être contaminé. Imaginons si cette maladie un jour nous attrape ; que sentons-nous ? Nous maudissons-nous nous même ? La question qui pourrait se poser : quelle est notre faute ? Pourquoi devons-nous en souffrir et pourquoi nous et pas les autres ? Tous ces questionnements nous permettent d’entrer dans l’univers du lépreux dont parle l’Evangile venant auprès de Jésus, le supplier en s’agenouillant et demande ceci à Jésus « Si tu veux, tu peux me purifier ». Bien entendu ce souhait est accompagné de douleurs, d’une blessure jamais guérie touchants la terre où il s’agenouillait et d’une blessure sociale parce que telle maladie tel que ses contemporains crurent est du au péché. Donc sa souffrance est double. On peut comprendre finalement le sens de sa demande : Il demande d’être purifié, qui couvre à la fois cette double souffrance.

Partout les lépreux sont marginalisés, on les installe loin de la population. Ils sont en quelque sorte expulsés de la société ambiante. Depuis le temps de Jésus jusqu’à nous jours on les voit tenter de gagner leur vie en mendiant auprès des Eglises ou des temples religieux. Si on leur donne quelque chose on ne la donne jamais aux mains nues ou de manière telle qu’on touche leur corps. Les infirmières dans les léproseries se servent des gants spéciaux pour se protéger lorsqu’ils les soignent. Or l’Evangile nous raconte que Jésus face à la demande du lépreux, étendit la main, le toucha. Ces gestes sont précédés d’une émotion. L’Evangile écrit qu’il est « ému de compassion ». D’autre tradition postérieur traduisit qu’il est « en colère ». C’est difficile d’expliquer pourquoi Jésus se met en colère. On peut dire qu’une chose ou une personne gênante peut créer à la fois ces deux sentiments colère et compassion. Jésus serait en colère parce que comme nous autres on n’aime pas que quelqu’un barre nos routes ou empêche nos pas, nos programmes. Toutefois, en voyant l’état de la personne en question, Jésus est bien ému de compassion. Il s’est laissé d’abord purifié par le regard du lépreux ; par son visage douloureux. C’est ainsi que la pleure des malades coule sur la joue de Dieu. De son cœur purifié qu’il à son tour purifie le lépreux. Il le touche sans rien à craindre, il étend la main pour l’embrasser. Ses gestes d’amour s’affirment par sa réponse : « Oui, je veux que tu sois purifié ». Ce vouloir et ces gestes libèrent et transforment le lépreux. Il n’est plus délaissé, il est revenu à la vie d’une personne humaine. Le « tu » de la parole de Jésus lui est adressée définit sa dignité comme homme et avant tout comme enfant de Dieu, parce qu’il est en même temps libéré de ses péchés.

Il est intéressant de remarquer l’autre effet qui se produit chez le lépreux guéri. Même si Jésus lui demande de ne raconter à personne ce qui lui est arrivé et d’offrir aux prêtres l’offrande nécessaire selon que le prescrit la loi de Moïse, il est allé annoncer aux gens de sa ville tout ce qu’il a vécu. Il n’a pas été décrit qu’il est allé offrir l’offrande d’expiation. L’auteur de cet évangile veut nous dire que la véritable rencontre avec Jésus et la guérison qui provient de lui transforme totalement notre vie. Il nous fait dépasser l’attitude religieuse à une attitude de foi. L’une et l’autre sont bien différentes. La première se caractérise souvent par une logique commerciale : je fais les devoirs ou les obligations religieuses pour avoir la grâce comme récompense comme si ce dernier était quelque chose qu’on peut acheter avec nos bons comportements ou nos observances à la loi. La deuxième attitude bien au contraire est marquée par la gratuité. Etant conscient que Dieu l’aime gratuitement, nul ne l’empêche de parler de Dieu et d’annoncer sa vérité. Nous sommes plongés dans l’adhésion à beaucoup de choses. Un homme de foi dépasse la loi, parce qu’il est poussé par la vérité de l’amour qui ne peut pas nous empêcher être à notre tour le visage visible de Celui qui aime les malades et les faibles avec bonté sans condition. La vérité n’est jamais une chose qu’on peut posséder, mais elle est une personne. Donc laissons-nous possédés par elle qui rien d’autre que Jésus lui-même.


Vers une vie plus solide

Marc 1,21-28

Il y a quelques semaines, on est surpris du suicide de la femme d’un des hautes autorités françaises. Sans se soucier de ce qui est vraiment arrivé, cette incidence révèle à la fois l’ambigüité et l’enjeu d’une autorité. D’une part elle doit être exemplaire, et d’autre part par conséquence elle est objet d’un regard public qui détermine et même garantit la légitimité de son autorité. C’est pourquoi une autorité ou un personnage publique a de la valeur informatique, en ce sens ce qu’il est et ce qu’il fait suscite l’attention publique. Même si on doit séparer ce qui relève de la vie privée et ce qui de la vie publique ; en réalité la vie d’une autorité est désormais l’objet de curiosité publique. On comprend pourquoi sont nés de cette ambigüité des paparazzis.

Après l’appel des premiers disciples, l’évangile de ce dimanche nous présente Jésus dont l’enseignement fait objet d’une grande attention publique lorsqu’il enseignait dans la synagogue. L’évangéliste Marc nous raconte que les foules en étaient émerveillées parce qu’il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes. C’est bien clair que ce qui fonde son autorité c’est que Jésus parle de ce qu’il vit et fait. La cohérence qu’il s’agisse.

Ensuite, dans la même synagogue et devant les mêmes foules cette autorité est mise à l’épreuve. L’auteur raconte un homme possédé d’un esprit impur, c'est-à-dire démons dans la conscience de ses contemporains. La Bible personnifie la réalité du mal avec cet appellatif. Elle le désigne souvent avec d’autres mots comme tels serpent, Satan, Adversaire, etc. au plus tard nous verrons que Jésus sera jugé par les scribes comme possédé de Béelzéboul (Mc 3, 22-30), c'est-à-dire celui qui divise. Revenons à ce récit, Jésus affronte tout de suite ce qui en est le contraire, c’est Satan dont la vocation est de diviser l’homme de soi même et de Dieu. Les esprits impurs connaissent Jésus et sa mission. Celui-ci les déloge et expulse de l’homme possédé. Just à ce titre, Marc introduit l’intrique important de ses récit c’est le secret messianique. Il s’agit du fait que Jésus leur demande de se taire. On n’arrive pas à comprendre Jésus et sa mission sans le suivre de plus près, sans passer par les épreuves, la souffrance et la croix. Le secret messianique consiste à garder la véritable identité de Jésus jusqu’à ce que nous les lecteurs la trouvions sur la croix lorsque nous contemplerons en son corps pendu et percé d’une épée la parole du soldat romain voyant que Jésus est mort de cette manière là: « Vraiment tu es fils de Dieu » (Mc 1(,39).

« Tais-toi », est un coup de foudre de Jésus pour toute sorte de religiosité pharisaïque qui loue Dieu par les bouches sans vraiment laisser Dieu changer sa vie. Il condamne l’attitude de se compromettre avec le mal, tel que lorsque de manière prosaïque, Marc décrit le combat spirituel de l’homme possédé « que nous veux-tu, Jésus le Nazaréenne ? Es-tu venu pour nous perdre ? ». On ne peut pas se contenter des actes religieux extérieurs. Cela représente déjà notre condition de possession, que nous sommes divisés par le mal.

En réalité, le mal est la conséquence de notre liberté. La Bible le décrit de façon littéraire pour que nous puissions l’affronter. Il relève de notre choix. La présence comme toute présence nait de notre choix libre. On peut choisir être absent même si physiquement on est présent, de mêle le contraire. On peut choisir Dieu ou contrer Dieu grâce à notre liberté. Quand on choisit Dieu on le rencontre ; quand on choisit le mal, c’est Satan qui se présent et qui nous possède. Il nous faut donc se secouer chaque jour notre vie, discerner et évaluer notre choix et nos agir. Délivre-nous du mal, c’est ce que nous devons demander à travers la prière que Jésus nous a apprise. Le demandant, nous construisons une vie plus solide et d’une même autorité que la sienne.


Vous entendez parler sûrement du fleuve Ganga en Inde, fameux comme lieu sacré où beaucoup des indiens en particulier les hindous se baignent pour avoir la purification de leurs péchés. La dispersion des cendres dans le fleuve permet aux croyants d’avoir une bonne vie dans le futur et même d’acquérir l’état de délivrance, moksha, c'est-à-dire nirwana. Il est capable de libérer l’âme des défunts. Cette réalité, si présente dans mon enfance lorsque je suivais fidèlement l’épopée Mahabrata télévisé en Indonésie, m’est venue à l’esprit quand je lis et médite le récit sur le baptême de Jésus au fleuve de Jourdain (Mc 9-11).

Jésus aurait été au courant du baptême et de l’activité prophétique de Jean appelé le Baptiste parce que celui-ci proclama un baptême pour la rémission des péchés. Comme nous rapporte l’évangéliste Marc, les habitants de tout le pays de Judée se faisaient baptiser par lui. Et voici Jésus, était le dernier de tous, fait la queue avec ces gens. C’est choquant de contempler Dieu qui se fait pécheur comme nous. Il est derrière nous, comme celui qui veut débarrasser tous le reste. Contemplons comment il s’avance, pas à pas ; traverse les mêmes parcours que les nôtres ; il entre dans le fleuve, ses pieds, il le les mouiller, et enfin une fois arrivé chez Jean, il descende tous son corps dans l’eau déjà coloré de notre saleté sans en oublier les mauvaise odeurs. C’est ici on comprend bien ce que signifie la descente aux enfers du Christ dans notre credo. D’abord cette décente annonce la mort de Jésus, lui qui ayant pris notre condition humain, va subir aussi notre limite humaine dont le sommet est la mort. Il est allé jusqu’à l’enfer de notre liberté humaine : qui nie Dieu et épouse le mal. Hans urs von Balthasar parle de l’action du Christ qui vide l’enfer. Cette descente est donc un acte d’amour de Dieu le Père qui ne veut jamais notre perte.

Après cela, la scène qui devrait nous frapper c’est sa monté de l’eau. Lorsqu’il remontait de l’eau, il voit les cieux se déchirer et l’Esprit comme une colombe descendre vers lui. Ce geste de monté et ces dernières images nous annoncent la nouvelle révélation de Dieu en Jésus. Les cieux se déchirent signifie que désormais Dieu entre dans notre histoire. Il n’est pas inaccessible, il entre dans la communion avec nous tel que le ciel et la terre se communient. Sa monté affirme la résurrection comme son avenir et comme la nôtre. La mort n’a aucune emprise sur lui. Il sera ressuscité des morts et c’est avec Lui que Dieu va nous ressusciter.

La colombe exprime en effet tout ce qui est non-violence, douceur, amour, pardon et tendresse. Elle est la seule parmi tous les oiseaux que l’on juge digne d’être offert en sacrifice, surtout dans le monde juif. Elle nous rappelle donc la mission d’amour, de faiblesse et de sacrifice. Elle manifeste un acte non violence de Dieu. Le royaume de Dieu que Jésus nous instaure loin du projet d’occupation Israël à la terre promise sous la conduite de Josué. Le fleuve Jourdain était la seule étape à franchir pour pouvoir arriver à Jéricho perçu déjà par le peuple. En Jésus, c’est le monde à conquérir par l’amour et le pardon.

Et finalement des cieux déchirés une voix proclame : « C’est toi mon fils, en toi j’ai mis tout mon amour ». C’est une phrase d’intronisation royale, cité par Marc pour affirmer la mission de Jésus qui instaura le Royaume de Dieu parce que lui-même est le Roi. Elle affirme ensuite à la fois l’identité et la vocation de tous les baptisés : c’est de collaborer dans la mise en place du royaume étant fils du même Père. Si nous creusons encore de manière plus profonde cette phrase, nous nous rendons compte que c’est à nous que cette phrase est destinée, à tous ceux qui lisent l’Evangile. Jésus se fait comme nous, nous donne sa vie jusqu’à la mort parce que lui, il est aimé de Dieu et parce que il est capable d’aimer. Suivre Jésus est une vocation de don et d’abandon. Nous sommes appelés d’être comme lui, d’être un don au monde, comme témoins de tendresse, d’amour, de pardon, d’accueil, de non violence. Devenir un don nous demande une attitude d’abandon. Comme Jésus qui abandon son rang qui est égal à Dieu pour être comme nous, notre baptême nous demande d’abandonner notre égoïsme, d’abandonner notre autonomie et autosuffisance, et surtout notre mal pour pouvoir accueillir nos frères et nos sœurs de manière authentique. Le baptême de Jésus nous fait assumer le monde où nous habitons comme un lieu de fraternité où l’amour doit régner. Notre abandon n’est possible qu’à grâce à l’abandon de Jésus. Donc nous sommes capables d’aimer parce tout d’abord nous sommes déjà aimés par Dieu en Jésus. Parce que nous sommes capables d’aimer et d’être aimés, donc nous sommes capables aussi de nous abandonner. C’est la primauté de la vocation baptismale.


Quel est cet amoureux d’étrangers !

Bethlehem me révèle toujours quelque chose de surprenante et même inédite .Comme nom d’une ville, forte toujours de son actualité internationale jusqu’aux nos jours, elle signifie en hébreu, maison du pain. Pourquoi pain ? En quoi il est si important à rappeler.

Ce n’est pas au hasard que les évangélistes ont installé ce mot dans leurs récits de naissance de Jésus. Le fait qu’ils l’ont mis affirme déjà l’historicité de l’événement raconté, que Jésus y est né. C’est peu import de savoir à quel niveau précis elle se situa du point de vu géographique au temps de Jésus. Cela ne veut pas dire qu’on mette à côté ce que la méthode historico-critique nous dit. Celle-ci met en doute que Jésus y fût né. Il serait né dans un autre lieu. On lui attribua plutôt cette vile pour garantir la légitimité de son identité messianique. L’archéologie biblique se prononce davantage pour donner plus d’assis à cette argumentation. Toutefois, d’après moi, tous les deux nous restent comme hypothèses. D’ailleurs, le monde de la bible n’est pas si facile à creuser. Il est un monde du récit, qui fut une manière de raconter l’histoire, de nous transmettre ce qui s’est passé. J’ose dire qu’il est métahistoire.

Je suis très ému d’avoir découvert le lien auquel fait allusion ce nom Bethlehem. Il s’agit du récit de Noémie et Ruth. Le mouvement de va et vient, de partir et de retour de Noémie et au plus tarde avec Ruth sa belle-fille à Bethlehem a été poussé du fait que Bethlehem était en abondance de blés malgré la famine qu’elle avait connu la quelle poussait Noémie, son marie et ses deux fils s’immigrer aux pays de Moabites. Elle reste la maison du pain qui accueil la pauvre veuve Noémie et sa belle-fille Ruth après la mort de siens.

Et voici l’Evangile de la fête de l’Epiphanie nous présente encore ce petit Jésus à Bethlehem dans une mangeoire d’animaux visité par trois mages d’Orient au moyen de l’astre. Dans ce petit homme-dieu, Dieu s’est manifesté. Le fait qu’on le trouve dans cette mangeoire annule déjà l’importance géographique du mot Bethlehem comme ville attribué au Messie. Ce n’est pas le lieu qui est important, c’est plutôt comment on doit l’accepter et l’accueillir. Sa manière d’exister et de se révéler sanctifie déjà le lieu où il est né. Bethlehem c’est là où il est né ; dans une mangeoire, pas dans une cité peuple des ignorants de Dieu.

Les trois mages qui nous révèlent ce « comment ». S’étant rendu compte qu’ils furent étrangers, ils surent respecter ce petit qui était traité comme étranger chez lui, par les siens. La manifestation de Dieu dont cette fête nous fait mémoire place les plus petits, les pauvres et surtout les étrangers dans une dignité au plus haut niveau, car ils nous font revenir à la source, à ce Dieu qui se fait homme en Jésus Christ que nous accueillons dans le pain eucharistie où nous sommes tous rassasiés parce que ce même pain qui nous rend frère et sœurs. (By Tardelly)


Entre l’angoisse et l’espérance

L’avent dans notre tradition chrétienne marque le début de l’année liturgique, et qui exprime le profondeur de notre foi en la venue définitive de Jésus. Celui-ci sut utiliser le langage de ses contemporaines, et faisant partie de son peuple et sa tradition, il l’employa pour exprimer l’espérance messianique de son peuple prêchée depuis l’époque des prophètes. Ce langage est d’un caractère eschatologique, qui déclare la fin du temps et le jugement de Dieu et l’accomplissement de toutes choses. Il n’est pas étrange donc qu’il est souvent en gamme menaçant et même effrayant. Toutefois, Jésus et ainsi que ses auditeurs ne l’entendaient pas seulement comme tel. Ce langage projette l’homme à son avenir caché entre l’angoisse et l’espérance. S’en servant, l’homme exprime la profondeur de son existence, le souci d’un meilleur avenir, et aussi affirme son essence, comme étant créature en relation ; il est soucieux d’une rencontre profond avec son avenir, c’est Dieu lui-même.

En réactualisant les prédications de Jésus à travers les lectures eschatologiques dont certaines proviennent de lui, nous nous inscrivons dans son cœur. Nous entrons dans la logique et dynamique de sa foi. Jésus fut un homme Dieu, parce qu’Il a cette foi. Son entrée comme Dieu dans notre histoire s’est montré à travers son entrée comme homme dans notre angoisse et notre espérance quoi qu’en soient.

L’Evangile de ce premier dimanche de l’avent nous place comme les serviteurs de la maison dont Jésus lui-même le propriétaire. La qualité de relation entre les serviteurs et son maître qui détermine l’avenir. Cette relation est basée sur la confiance du maître. Le maître ne laisse pas seulement sa maison, il confie aussi la dignité comme maître à serviteur. On peut dire le serviteur tout en restant serviteur, devient maître, c'est-à-dire, quelqu’un d’une forte responsabilité comme si les biens de son maître étaient les siens. La fidélité ne nait que de la confiance et de l’amour du maître. Ce n’est pas au hasard que je juxtapose ces deux mots. Dans le mot confiance, il y a la préposition con, signifie avec et le mot fiance. Je tente de dire que cette attitude exprime l’amour quasi définitif qui sera accompli lorsque cette confiance sera sauvegardée dans la fidélité.

Et pour finir, pour quoi donc on doit toujours célébrer l’avent et garder cette attitude d’espérance en l’avenir ? En 2002, je logeais chez un ouvrier catholique pendant 40 jours, pour une période de stage vacancière. Je travaillais dans une usine de Honda ; de 7h00 à 16h00. Quant à lui, il partait le soir et parfois il travaillait dans la même usine de 21h00 à 03h00. Seul le dimanche, nous pouvions se s’entretenir et passer la journée ensemble ; le reste c’était vraiment très peu. Ce qui m’a toujours marqué, c’est le fait qu’il m’a confié de garder la maison pendant son absence, et de me préparer le petit déjeuner chaque jour. Je ne savais pas exactement à quelle heure il rentrait du travail le matin, ou l’heure lorsqu’ il se réveillait. Quand je me levais, je trouvais déjà à la table, l’eau chaude et le riz réchauffé du soir. Lui, il me semblait toujours disparaitre. J’allais dire, il continuait à dormir chez lui ou me précédait au travail.

Jésus historique se sépare de nous plus de trois millénaire. Cela ne signifie pas que nous n’avons aucun accès à lui. Il nous laisse l’Esprit saint comme héritage. Il reste la partie prenant de notre histoire dans ses paroles et l’eucharistie que célèbre l’Eglise. En ce pain et ce vin que nous recevons chaque jour, nous ne faisons pas seulement mémoire de sa venue historique qui nous a sauvés, mais nous y voyons l’actualisation de sa présence réelle. Comment, il est comme l’ouvrier dont je vous raconte l’histoire. Il nous échappe ; il nous le mystère dans la simplicité d’une hostie eucharistique. C’est notre petitdejourné ; le pain qui rend toujours actuelle sa présence. On le voit pas, mais ce pain, comme le petit déjeuner de l’ouvrier, fait mémoire comment il nous a tant aimé comme l’ouvrier qui exprimait par ce geste-là l’amour et l’affection pour moi sans avoir besoin d’être vu. L’avent c’est le temps de contempler l’amour infini du Seigneur et sa présence cachée dans la subtilité des événements de notre vie.

tardelly,sx


Dieu de la rencontre

(Matthieu 22,1-14

C’est inimaginable de penser à un festin, une fête sans les invités ; encore plus si tous les invités refusent de s’y rendre. Cependant, tel est justement ce que nous raconte Jésus dans ce passage. Un roi, voulant organiser une noce pour son fils, invita tous ses amis qui lui sont sans doute chers. Ces derniers, malheureusement refusèrent ; chacun ou chacune eut sa préoccupation ; aucune n’y vient même si ses serviteurs leur avaient préparé un repas extraordinaire. Le roi a tout fait pour que ses invités fassent part dans son bonheur. Aucune réponse, au contraire, ils agressèrent et même tuèrent ses serviteurs envoyés pour les amener de nouveau aux noces. On ne devrait pas se sentier gêner par la suite du récit ; le fait que le roi leur fit justice en anéantissant ses invités et détruisant leur villes. On serait plutôt surpris parce que le roi finalement offert les noces aux indignes, qu’il rassembla des départs des chemins sans tenir compte qu’ils soient bons ou mauvais.

Ce passage doit nous fait penser au fait que Dieu prépare tout pour pouvoir nous raconter. Il se prépare avant de nous raconter. Son appel ou son invitation ne tombe au hasard. Il est entré dans notre histoire dans le sans qu’il attend que l’on soit mûr dans le temps. Il s’est révélé à l’homme tel que représente la figure d’Abraham lorsque celui-ci dans son évolution existentielle fut prêt de l’accueillir. Toutes les images du récit sur le festin décrit combien Dieu est si patient afin de pouvoir nous côtoyer. Il veut habiter parmi nous. La nouveauté du monothéisme juif tel que nous révèlent les récits bibliques se trouve dans ce jeu de rencontre. Notre Dieu, c’est Dieu de la rencontre. Cette rencontre, loin de n’être que destinée à un seul peuple, elle est adressée à toutes les nations, à toutes personnes humaines. La notion du peuple choisi, n’est pas le monopole des israélites. Ceux dernières, comme peuple de la première alliance, a été un prisme par lequel l’appel et l’invitation à toutes les nations est adressé. En appelant Israel, « choisi », Dieu veut dire que tout homme qui répond à son appel est digne de ce titre là.

Le récit aboutit à une fin inattendue. Le roi a trouvé qu’il y en avait parmi les nouveaux invités, un qui n’était pas en tenue de noces. Ce dernier a été finalement chassé et jeté dehors. On peut se demander, faut-il une telle décision ? Ne demande-t-il pas à ses serviteurs de ramasser tous les gens aux départs des chemins ? On a droit de supposer que ces derniers n’étaient pas vraiment prêts. Donc il ne lui fallait pas obliger qu’ils soient en tenue de fête. Le problème, selon moi, n’est pas la tenue. Il est d’un autre ordre. Si on lit bien ce passage, on y trouve que la personne en question resta muette lorsque le roi lui posa la question de savoir pourquoi il a pu entrer aux noces sans tenue de fête. La chose serait autrement, s’il répondait de manière ouverte sans avoir peur de quoi que ce soit. Il aurait pu dire : « Seigneur, c’était vos serviteurs qui m’ont ramassé et m’efforcé à venir chez vous ; donc je n’avais pas de temps de rentrer chez moi pour pouvoir changer les habilles ». La réponse à l’appel du Seigneur ne s’exprime pas seulement au niveau extérieur. Elle couvre toute nos visions de cette personne qui nous appelle et nous invite. Il faut se libérer d’une vision d’un Dieu de violence ou de punition. Il faut plutôt penser à ce Dieu qui a souci de nous, si nous sommes en bonne route ou non, si nous sommes en bon chemins. Si nous ne le sommes pas, Lui, il vient à notre aide.

Si vous fréquentez les grandes supermarchés, il ne vous est pas étrange de voir les enfants venant ensemble leur parents faire atteindre ces dernier pour un simple fait qu’ils sont attirés des jeux d’un vitre ou étalage des plusieurs boutiques. Que vous soyez bon ou mauvais, cela ne vous empêche pas de les entendre jusque ce qu’ils se rendent compte qu’il faut partir. Combien plus notre Dieu de la rencontre.

Tardelly, SX


L’enjeu d’une absence

Le problème du fond de ce passage c’est d’abord celui de l’absence du propriétaire. Ce dernier, avant d’aller à un pays étranger, confia sa vigne à des vignerons avec qu’il se mit d’accord bien sûr du soin de la vigne et aussi des fruits qu’ils partageront. L’absence du propriétaire est donc dans la logique de ces pauvres vignerons c’est l’absence de l’autorité, du pouvoir et de la propriété. Ces mêmes logiques s’installent en quelque sort dans notre vie. Comment on doit obéir à quelqu’un que l’on ne voit pas ? Comment on peut avoir quelque chose qui nous n’appartient pas ? La logique d’avoir et de pouvoir qui marque la relation entre ces vignerons et leur propriétaire. C’est ce qu’ils les amènent à tuer les serviteurs et même le fils du propriétaire. L’accord est rompu, le lien est brisé. Le résultat est clair, ils n’ont pas leur part de l’héritage pour lequel à tout prix ils ont rendu les serviteurs le bouc émissaire de leur désirs d’avoir et de pouvoir.

Ce passage nous conduit à la lecture de l’histoire sainte. L’alliance établit entre Dieu et Israël s’est rompu dû au refus et de la trahison d’Israël. Par Israël, je désigne tous les croyants. Celui qui croit en Dieu et celui qui s’abat avec Yahvé ; celui dont la foi l’entraine en un jeu de fidélité et de trahison. Dieu et sa bonté ne sont pas des choses à arracher ou avoir. Il est un don qu’il faut accueillir avec amour, tel que Jésus a affirmé au soir de son enlèvement : ma vie nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne (Jn 10,18). Suivre Jésus ne nous échappe pas de l’itinéraire pareil que celui des vignerons. Il nous entraine en le même jeu ; d’avoir confiance en lui qui ne nous traite jamais comme des esclaves ; mais comme ses frères qui doivent soigner son royaume, sa vigne. Son royaume n’est rien d’autre que sa vie. Elle devient les critères de jugements de notre vie d’aujourd’hui. Son royaume est le lieu fraternel ou nous proclamons le Dieu de pardon; Dieu de Jésus qui ne se venge jamais, mais qui donne son fils à notre cause. La fidélité est finalement un don qu’il faut demander. Seul celui qui sait donner sa vie qui comprend mieux c’est que c’est la fidélité. Vouloir être fidèle ? Commencez alors par aimer. Aimer c’est tout donner, et se donner soi même.

Tardelly,SX

Le 1 oct 2011

Blogger Template by Blogcrowds