Prier c’est aimer

L’amitié qui est la porte d’entrée de cet épisode de la transfiguration. Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène seuls, à l’écart sur une haute montagne. On peut se demander pourquoi Jésus n’a pas pris d’autres disciples que ces trois-là? La réponse est simple. Jésus n’a pas du tout mis à côté d’autres disciples, ni les exclue, mais il voulait montrer que les trois disciples nous représentent. Ce qui est souligné par l’évangéliste ici n’est pas notre droit d’être choisi, mais plutôt la volonté aimant de Dieu qui à travers son fils, nous invite à son intimité. La notion de l’intimité en elle-même évoque une certaine limitation. Cela veut dire que Dieu prend chacun de nous de s’écarter avec lui. Ici nous somme donc dans la réalité de la vocation et la prière comme un de moment et de lieu ou cette vocation se nourrit.

Au fur et au mesure que l’amitié entre lui et ses disciples se tissait, Jésus invitait ces dernier de dresser le bilan de leur parcours ensemble. Rappelons-nous que dans des épisodes précédents du même évangile, Jésus devait accepter le fait que ses disciples jusqu’à là ne l’a pas compris ou do moins qu’ils tâtonnaient de saisir ce qu’il est et ce qu’il est en train de faire. Pierre, reconnaissant son identité messianique, peu de temps après, essayait d’empêcher Jésus de réaliser sa mission. Il ne pouvait pas comprendre que le messie devait souffrir et mourir. Je me souviens quand j’étais petit c’était difficile d’accepter de voir des héros dans mes films préférés mourir. Jésus aurait été nécessairement déçu face à l’incrédulité et à la méconnaissance des ses disciples. On peut comprendre donc que dans ce contexte qu’il a invité à ces trois disciples de revoir ou bien encore d’évaluer leur cheminement, leur projet et leur mission avec tout les réussit et les défauts.

S’écarter à une haute montagne sous tend se retirer pour prier. Ici la prière n’est rien d’autre qu’un face à face avec Jésus ; entretien amical avec lui. L’évangile de marc ne nous raconte pas l’épisode de la remise de la prière notre père. Je pense qu’ici, à travers la scène, Marc nous présente sa vision de la prière si profonde qu’il n’avait plus besoin d’insérer le notre père dans son évangile. On pourrait dire que cet épisode de la transfiguration serait le notre père de Marc. Quand on aime quelqu’un on veut passer plus de temps pour parler avec lui. Il n’est pas question ici de réciter la prière, mais de se laisser habiter par la présence de Dieu. Jésus fut transfiguré devant eux. Cela veut dire qu’il révélait son identité comme Dieu d’amour qui nous brûle sans nous consommer. L’épisode du buisson ardent vécu par Moise nous en fait allusion. La présence de moise et d’Elie est très capitale dans ce récit en ce sens qu’ils ne représentent pas seulement la préfiguration de la triomphe de Jésus (à Sinaï ou à Horeb), mais qu’ils nous présentent aussi la réalité de leur conversion. Moîse fut en exil de l’Egypte lorsqu’il rencontrait Dieu dans le buisson ardent. Le même Moise montait à Sinaï juste après la marche douloureuse au désert pendant la quelle le peuple se révoltait contre Dieu. Quant à Elie, il fut aussi en exile après l’épisode du Carmel, ayant eu peur d’être tué par Jézabel. Tous les deux ont été renforcés et transformé dans leur rencontre avec Dieu.

C’est dans la prière que nous pouvons avoir accès au mystère de la transfiguration. D’une part nous pouvons reconnaitre la présence aimante et sans condition de Dieu le Père qui nous accueille malgré nos péchés et nos limites. Dans cette relation intime, Dieu révèle qui est Jésus ainsi que son destin ; qu’il va triompher la mort par sa résurrection. D’autre part c’est nous que Dieu transfigure à travers sa présence. Il révèle ce que nous sommes. C’est pour cela Pierre chante : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ; faisons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moise et une pour Elie ». Tel que Jésus est aimé de Dieu, de même que nous, nous sommes aussi aimés grâce à lui. Faire le bilan de notre vie chaque jour est très important. Ce qui est plus important c’est de mettre tout devant le visage aimant du Père ; qui nous transforme et nous transfigure. Toute fois, il ne peut pas nous sauver sans nous. Prier c’est aimer et se laisser aimer. (Reynaldo F. Tardelly – Cameroun 04/03/2012)

La gratuité et la magie

Quand on était petit, une partie de notre vie fut peuplée de plusieurs personnages de différentes contes et histoires des héros ainsi que leurs ennemies. Le film français les mots bleues surtout dans la scène où la maman aidait sa fille après que celle-ci avait eu un cauchemar, à identifier fantômes qu’elle aurait vu en lui montrant quelques poupées fantomatiques qui représentent chacune son caractère. Satan, fantômes accompagnent notre pauvre compréhension du mal et se dressent comme une partie intégrante de l’interdit murmurée aux oreilles par nos mamans et papas. La différente manière de les dessiner ou des les décrire manifestent quelque part notre difficulté de comprendre la réalité du mal qui nous dépasse. Sans vouloir nier leur existence, disons que Satan est plus une réalité du mal personnifié qu’un être à notre semblable. Le mal est en fait une conséquence de notre liberté. Ce dernier tend par sa nature vers le bien. Notre refus ne nous affirme pas seulement que nous sommes libres mais aussi nous montre que ce choix voit le jour grâce à nous. La présence du mal c’est nous qui la voulons.

Le récit sur la tentation au désert nous introduit au temps de carême, mais surtout nous initie à la découverte de nous-mêmes. Ici l’évangéliste raconte Jésus poussé par l’Esprit au désert aussitôt après son baptême. Il y restait quarante jours et fut tenté par Satan. Et il était avec les bêtes sauvages, et les anges le servaient. Par cette petite introduction au ministère de Jésus, Marc veut nous dire qu’affrontera Jésus pendant toute sa vie et quel sera son destin.

Poussé par l’Esprit signifie que ce que Jésus vient de vivre, c'est-à-dire son baptême, qui le met à la disposition de vivre sa mission. Pour ce faire il faut se préparer. « Tu es mon fils bien aimé, tu as toute ma faveur », c’est l’affirmation solennelle de son identité révélée par son Père. Conscient de la vérité qu’il est aimé et que cet amour qui l’a rendu Fils, il est parti au désert pour prendre un temps de retrait. Ce fut un temps de se retirer de lui-même, de prendre la distance entre ce qu’il désirait, ce que peut-être ses contemporains attendaient de lui et les mettre en question devant le vaste projet de son Père. Le désert, d’après moi manifeste le vaste projet de Dieu et aussi le vaste projet de notre liberté qui se rencontrent dans un combat sans merci. L’Evangile selon St. Luc décrit de manière plus détaillée ce combat.

Quarante jours, la duré de son séjour nous rappelle l’itinéraire historique du peuple Israël pendant laquelle ce peuple faisait preuve à leur choix d’être ce qu’il est ; Israël c’est se battre contre Dieu. Elle est l’histoire de trahison et de fidélité, une tragédie de la révolte et du merci. Et Dieu y reste depuis toujours comme Il reste toujours auprès de nous même lorsque nous le refusons.

Saint Marc par cette brève introduction au ministère de Jésus signale à ses destinataires de voir la présence continue de Satan, c'est-à-dire la présence massive de la tentation pendant toute la vie de Jésus, même jusqu’à la croix lorsque les gens se moquaient de lui en lui demandant de descendre de cette croix. C’est par amour qu’il commence et c’est par amour qu’il va finir. Le temps de carême nous révèle une pédagogie divine. Se renoncer et se priver des mauvaises habitudes ou de notre égoïsme, c’est entrer dans la gratuité de Dieu. C’est cette gratuité qui nous pousse de le faire. L’amour pour Dieu doit être la primauté de nos renoncements sans quoi on ne reste que des consommateurs de la magie. On pense quo on peut acheter cet amour par nos attitudes religieux.

Le destin de la mission de Jésus s’avère d’une grande réussite telle que représentent les bêtes sauvages et les anges. Le fait que Lui peut cohabiter avec les bêtes sauvages signifie que le mal sera banni. Les anges qui le servaient nous montrent combien nous sommes toujours dans la protection de Dieu, dans l’abri de sa gratuité providentielle. Devant cette gratuité, la maxime de Sartre, je suis la liberté, ne compte plus. La liberté de Dieu qui nous possède et qui rend la nôtre libre. Tardelly,sx


La présence d’un lépreux nous paraît gênante ainsi que les personnes avec des maladies contagieuses. Personne n’en veut être contaminé. Imaginons si cette maladie un jour nous attrape ; que sentons-nous ? Nous maudissons-nous nous même ? La question qui pourrait se poser : quelle est notre faute ? Pourquoi devons-nous en souffrir et pourquoi nous et pas les autres ? Tous ces questionnements nous permettent d’entrer dans l’univers du lépreux dont parle l’Evangile venant auprès de Jésus, le supplier en s’agenouillant et demande ceci à Jésus « Si tu veux, tu peux me purifier ». Bien entendu ce souhait est accompagné de douleurs, d’une blessure jamais guérie touchants la terre où il s’agenouillait et d’une blessure sociale parce que telle maladie tel que ses contemporains crurent est du au péché. Donc sa souffrance est double. On peut comprendre finalement le sens de sa demande : Il demande d’être purifié, qui couvre à la fois cette double souffrance.

Partout les lépreux sont marginalisés, on les installe loin de la population. Ils sont en quelque sorte expulsés de la société ambiante. Depuis le temps de Jésus jusqu’à nous jours on les voit tenter de gagner leur vie en mendiant auprès des Eglises ou des temples religieux. Si on leur donne quelque chose on ne la donne jamais aux mains nues ou de manière telle qu’on touche leur corps. Les infirmières dans les léproseries se servent des gants spéciaux pour se protéger lorsqu’ils les soignent. Or l’Evangile nous raconte que Jésus face à la demande du lépreux, étendit la main, le toucha. Ces gestes sont précédés d’une émotion. L’Evangile écrit qu’il est « ému de compassion ». D’autre tradition postérieur traduisit qu’il est « en colère ». C’est difficile d’expliquer pourquoi Jésus se met en colère. On peut dire qu’une chose ou une personne gênante peut créer à la fois ces deux sentiments colère et compassion. Jésus serait en colère parce que comme nous autres on n’aime pas que quelqu’un barre nos routes ou empêche nos pas, nos programmes. Toutefois, en voyant l’état de la personne en question, Jésus est bien ému de compassion. Il s’est laissé d’abord purifié par le regard du lépreux ; par son visage douloureux. C’est ainsi que la pleure des malades coule sur la joue de Dieu. De son cœur purifié qu’il à son tour purifie le lépreux. Il le touche sans rien à craindre, il étend la main pour l’embrasser. Ses gestes d’amour s’affirment par sa réponse : « Oui, je veux que tu sois purifié ». Ce vouloir et ces gestes libèrent et transforment le lépreux. Il n’est plus délaissé, il est revenu à la vie d’une personne humaine. Le « tu » de la parole de Jésus lui est adressée définit sa dignité comme homme et avant tout comme enfant de Dieu, parce qu’il est en même temps libéré de ses péchés.

Il est intéressant de remarquer l’autre effet qui se produit chez le lépreux guéri. Même si Jésus lui demande de ne raconter à personne ce qui lui est arrivé et d’offrir aux prêtres l’offrande nécessaire selon que le prescrit la loi de Moïse, il est allé annoncer aux gens de sa ville tout ce qu’il a vécu. Il n’a pas été décrit qu’il est allé offrir l’offrande d’expiation. L’auteur de cet évangile veut nous dire que la véritable rencontre avec Jésus et la guérison qui provient de lui transforme totalement notre vie. Il nous fait dépasser l’attitude religieuse à une attitude de foi. L’une et l’autre sont bien différentes. La première se caractérise souvent par une logique commerciale : je fais les devoirs ou les obligations religieuses pour avoir la grâce comme récompense comme si ce dernier était quelque chose qu’on peut acheter avec nos bons comportements ou nos observances à la loi. La deuxième attitude bien au contraire est marquée par la gratuité. Etant conscient que Dieu l’aime gratuitement, nul ne l’empêche de parler de Dieu et d’annoncer sa vérité. Nous sommes plongés dans l’adhésion à beaucoup de choses. Un homme de foi dépasse la loi, parce qu’il est poussé par la vérité de l’amour qui ne peut pas nous empêcher être à notre tour le visage visible de Celui qui aime les malades et les faibles avec bonté sans condition. La vérité n’est jamais une chose qu’on peut posséder, mais elle est une personne. Donc laissons-nous possédés par elle qui rien d’autre que Jésus lui-même.


Vers une vie plus solide

Marc 1,21-28

Il y a quelques semaines, on est surpris du suicide de la femme d’un des hautes autorités françaises. Sans se soucier de ce qui est vraiment arrivé, cette incidence révèle à la fois l’ambigüité et l’enjeu d’une autorité. D’une part elle doit être exemplaire, et d’autre part par conséquence elle est objet d’un regard public qui détermine et même garantit la légitimité de son autorité. C’est pourquoi une autorité ou un personnage publique a de la valeur informatique, en ce sens ce qu’il est et ce qu’il fait suscite l’attention publique. Même si on doit séparer ce qui relève de la vie privée et ce qui de la vie publique ; en réalité la vie d’une autorité est désormais l’objet de curiosité publique. On comprend pourquoi sont nés de cette ambigüité des paparazzis.

Après l’appel des premiers disciples, l’évangile de ce dimanche nous présente Jésus dont l’enseignement fait objet d’une grande attention publique lorsqu’il enseignait dans la synagogue. L’évangéliste Marc nous raconte que les foules en étaient émerveillées parce qu’il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes. C’est bien clair que ce qui fonde son autorité c’est que Jésus parle de ce qu’il vit et fait. La cohérence qu’il s’agisse.

Ensuite, dans la même synagogue et devant les mêmes foules cette autorité est mise à l’épreuve. L’auteur raconte un homme possédé d’un esprit impur, c'est-à-dire démons dans la conscience de ses contemporains. La Bible personnifie la réalité du mal avec cet appellatif. Elle le désigne souvent avec d’autres mots comme tels serpent, Satan, Adversaire, etc. au plus tard nous verrons que Jésus sera jugé par les scribes comme possédé de Béelzéboul (Mc 3, 22-30), c'est-à-dire celui qui divise. Revenons à ce récit, Jésus affronte tout de suite ce qui en est le contraire, c’est Satan dont la vocation est de diviser l’homme de soi même et de Dieu. Les esprits impurs connaissent Jésus et sa mission. Celui-ci les déloge et expulse de l’homme possédé. Just à ce titre, Marc introduit l’intrique important de ses récit c’est le secret messianique. Il s’agit du fait que Jésus leur demande de se taire. On n’arrive pas à comprendre Jésus et sa mission sans le suivre de plus près, sans passer par les épreuves, la souffrance et la croix. Le secret messianique consiste à garder la véritable identité de Jésus jusqu’à ce que nous les lecteurs la trouvions sur la croix lorsque nous contemplerons en son corps pendu et percé d’une épée la parole du soldat romain voyant que Jésus est mort de cette manière là: « Vraiment tu es fils de Dieu » (Mc 1(,39).

« Tais-toi », est un coup de foudre de Jésus pour toute sorte de religiosité pharisaïque qui loue Dieu par les bouches sans vraiment laisser Dieu changer sa vie. Il condamne l’attitude de se compromettre avec le mal, tel que lorsque de manière prosaïque, Marc décrit le combat spirituel de l’homme possédé « que nous veux-tu, Jésus le Nazaréenne ? Es-tu venu pour nous perdre ? ». On ne peut pas se contenter des actes religieux extérieurs. Cela représente déjà notre condition de possession, que nous sommes divisés par le mal.

En réalité, le mal est la conséquence de notre liberté. La Bible le décrit de façon littéraire pour que nous puissions l’affronter. Il relève de notre choix. La présence comme toute présence nait de notre choix libre. On peut choisir être absent même si physiquement on est présent, de mêle le contraire. On peut choisir Dieu ou contrer Dieu grâce à notre liberté. Quand on choisit Dieu on le rencontre ; quand on choisit le mal, c’est Satan qui se présent et qui nous possède. Il nous faut donc se secouer chaque jour notre vie, discerner et évaluer notre choix et nos agir. Délivre-nous du mal, c’est ce que nous devons demander à travers la prière que Jésus nous a apprise. Le demandant, nous construisons une vie plus solide et d’une même autorité que la sienne.


Vous entendez parler sûrement du fleuve Ganga en Inde, fameux comme lieu sacré où beaucoup des indiens en particulier les hindous se baignent pour avoir la purification de leurs péchés. La dispersion des cendres dans le fleuve permet aux croyants d’avoir une bonne vie dans le futur et même d’acquérir l’état de délivrance, moksha, c'est-à-dire nirwana. Il est capable de libérer l’âme des défunts. Cette réalité, si présente dans mon enfance lorsque je suivais fidèlement l’épopée Mahabrata télévisé en Indonésie, m’est venue à l’esprit quand je lis et médite le récit sur le baptême de Jésus au fleuve de Jourdain (Mc 9-11).

Jésus aurait été au courant du baptême et de l’activité prophétique de Jean appelé le Baptiste parce que celui-ci proclama un baptême pour la rémission des péchés. Comme nous rapporte l’évangéliste Marc, les habitants de tout le pays de Judée se faisaient baptiser par lui. Et voici Jésus, était le dernier de tous, fait la queue avec ces gens. C’est choquant de contempler Dieu qui se fait pécheur comme nous. Il est derrière nous, comme celui qui veut débarrasser tous le reste. Contemplons comment il s’avance, pas à pas ; traverse les mêmes parcours que les nôtres ; il entre dans le fleuve, ses pieds, il le les mouiller, et enfin une fois arrivé chez Jean, il descende tous son corps dans l’eau déjà coloré de notre saleté sans en oublier les mauvaise odeurs. C’est ici on comprend bien ce que signifie la descente aux enfers du Christ dans notre credo. D’abord cette décente annonce la mort de Jésus, lui qui ayant pris notre condition humain, va subir aussi notre limite humaine dont le sommet est la mort. Il est allé jusqu’à l’enfer de notre liberté humaine : qui nie Dieu et épouse le mal. Hans urs von Balthasar parle de l’action du Christ qui vide l’enfer. Cette descente est donc un acte d’amour de Dieu le Père qui ne veut jamais notre perte.

Après cela, la scène qui devrait nous frapper c’est sa monté de l’eau. Lorsqu’il remontait de l’eau, il voit les cieux se déchirer et l’Esprit comme une colombe descendre vers lui. Ce geste de monté et ces dernières images nous annoncent la nouvelle révélation de Dieu en Jésus. Les cieux se déchirent signifie que désormais Dieu entre dans notre histoire. Il n’est pas inaccessible, il entre dans la communion avec nous tel que le ciel et la terre se communient. Sa monté affirme la résurrection comme son avenir et comme la nôtre. La mort n’a aucune emprise sur lui. Il sera ressuscité des morts et c’est avec Lui que Dieu va nous ressusciter.

La colombe exprime en effet tout ce qui est non-violence, douceur, amour, pardon et tendresse. Elle est la seule parmi tous les oiseaux que l’on juge digne d’être offert en sacrifice, surtout dans le monde juif. Elle nous rappelle donc la mission d’amour, de faiblesse et de sacrifice. Elle manifeste un acte non violence de Dieu. Le royaume de Dieu que Jésus nous instaure loin du projet d’occupation Israël à la terre promise sous la conduite de Josué. Le fleuve Jourdain était la seule étape à franchir pour pouvoir arriver à Jéricho perçu déjà par le peuple. En Jésus, c’est le monde à conquérir par l’amour et le pardon.

Et finalement des cieux déchirés une voix proclame : « C’est toi mon fils, en toi j’ai mis tout mon amour ». C’est une phrase d’intronisation royale, cité par Marc pour affirmer la mission de Jésus qui instaura le Royaume de Dieu parce que lui-même est le Roi. Elle affirme ensuite à la fois l’identité et la vocation de tous les baptisés : c’est de collaborer dans la mise en place du royaume étant fils du même Père. Si nous creusons encore de manière plus profonde cette phrase, nous nous rendons compte que c’est à nous que cette phrase est destinée, à tous ceux qui lisent l’Evangile. Jésus se fait comme nous, nous donne sa vie jusqu’à la mort parce que lui, il est aimé de Dieu et parce que il est capable d’aimer. Suivre Jésus est une vocation de don et d’abandon. Nous sommes appelés d’être comme lui, d’être un don au monde, comme témoins de tendresse, d’amour, de pardon, d’accueil, de non violence. Devenir un don nous demande une attitude d’abandon. Comme Jésus qui abandon son rang qui est égal à Dieu pour être comme nous, notre baptême nous demande d’abandonner notre égoïsme, d’abandonner notre autonomie et autosuffisance, et surtout notre mal pour pouvoir accueillir nos frères et nos sœurs de manière authentique. Le baptême de Jésus nous fait assumer le monde où nous habitons comme un lieu de fraternité où l’amour doit régner. Notre abandon n’est possible qu’à grâce à l’abandon de Jésus. Donc nous sommes capables d’aimer parce tout d’abord nous sommes déjà aimés par Dieu en Jésus. Parce que nous sommes capables d’aimer et d’être aimés, donc nous sommes capables aussi de nous abandonner. C’est la primauté de la vocation baptismale.


Quel est cet amoureux d’étrangers !

Bethlehem me révèle toujours quelque chose de surprenante et même inédite .Comme nom d’une ville, forte toujours de son actualité internationale jusqu’aux nos jours, elle signifie en hébreu, maison du pain. Pourquoi pain ? En quoi il est si important à rappeler.

Ce n’est pas au hasard que les évangélistes ont installé ce mot dans leurs récits de naissance de Jésus. Le fait qu’ils l’ont mis affirme déjà l’historicité de l’événement raconté, que Jésus y est né. C’est peu import de savoir à quel niveau précis elle se situa du point de vu géographique au temps de Jésus. Cela ne veut pas dire qu’on mette à côté ce que la méthode historico-critique nous dit. Celle-ci met en doute que Jésus y fût né. Il serait né dans un autre lieu. On lui attribua plutôt cette vile pour garantir la légitimité de son identité messianique. L’archéologie biblique se prononce davantage pour donner plus d’assis à cette argumentation. Toutefois, d’après moi, tous les deux nous restent comme hypothèses. D’ailleurs, le monde de la bible n’est pas si facile à creuser. Il est un monde du récit, qui fut une manière de raconter l’histoire, de nous transmettre ce qui s’est passé. J’ose dire qu’il est métahistoire.

Je suis très ému d’avoir découvert le lien auquel fait allusion ce nom Bethlehem. Il s’agit du récit de Noémie et Ruth. Le mouvement de va et vient, de partir et de retour de Noémie et au plus tarde avec Ruth sa belle-fille à Bethlehem a été poussé du fait que Bethlehem était en abondance de blés malgré la famine qu’elle avait connu la quelle poussait Noémie, son marie et ses deux fils s’immigrer aux pays de Moabites. Elle reste la maison du pain qui accueil la pauvre veuve Noémie et sa belle-fille Ruth après la mort de siens.

Et voici l’Evangile de la fête de l’Epiphanie nous présente encore ce petit Jésus à Bethlehem dans une mangeoire d’animaux visité par trois mages d’Orient au moyen de l’astre. Dans ce petit homme-dieu, Dieu s’est manifesté. Le fait qu’on le trouve dans cette mangeoire annule déjà l’importance géographique du mot Bethlehem comme ville attribué au Messie. Ce n’est pas le lieu qui est important, c’est plutôt comment on doit l’accepter et l’accueillir. Sa manière d’exister et de se révéler sanctifie déjà le lieu où il est né. Bethlehem c’est là où il est né ; dans une mangeoire, pas dans une cité peuple des ignorants de Dieu.

Les trois mages qui nous révèlent ce « comment ». S’étant rendu compte qu’ils furent étrangers, ils surent respecter ce petit qui était traité comme étranger chez lui, par les siens. La manifestation de Dieu dont cette fête nous fait mémoire place les plus petits, les pauvres et surtout les étrangers dans une dignité au plus haut niveau, car ils nous font revenir à la source, à ce Dieu qui se fait homme en Jésus Christ que nous accueillons dans le pain eucharistie où nous sommes tous rassasiés parce que ce même pain qui nous rend frère et sœurs. (By Tardelly)


Entre l’angoisse et l’espérance

L’avent dans notre tradition chrétienne marque le début de l’année liturgique, et qui exprime le profondeur de notre foi en la venue définitive de Jésus. Celui-ci sut utiliser le langage de ses contemporaines, et faisant partie de son peuple et sa tradition, il l’employa pour exprimer l’espérance messianique de son peuple prêchée depuis l’époque des prophètes. Ce langage est d’un caractère eschatologique, qui déclare la fin du temps et le jugement de Dieu et l’accomplissement de toutes choses. Il n’est pas étrange donc qu’il est souvent en gamme menaçant et même effrayant. Toutefois, Jésus et ainsi que ses auditeurs ne l’entendaient pas seulement comme tel. Ce langage projette l’homme à son avenir caché entre l’angoisse et l’espérance. S’en servant, l’homme exprime la profondeur de son existence, le souci d’un meilleur avenir, et aussi affirme son essence, comme étant créature en relation ; il est soucieux d’une rencontre profond avec son avenir, c’est Dieu lui-même.

En réactualisant les prédications de Jésus à travers les lectures eschatologiques dont certaines proviennent de lui, nous nous inscrivons dans son cœur. Nous entrons dans la logique et dynamique de sa foi. Jésus fut un homme Dieu, parce qu’Il a cette foi. Son entrée comme Dieu dans notre histoire s’est montré à travers son entrée comme homme dans notre angoisse et notre espérance quoi qu’en soient.

L’Evangile de ce premier dimanche de l’avent nous place comme les serviteurs de la maison dont Jésus lui-même le propriétaire. La qualité de relation entre les serviteurs et son maître qui détermine l’avenir. Cette relation est basée sur la confiance du maître. Le maître ne laisse pas seulement sa maison, il confie aussi la dignité comme maître à serviteur. On peut dire le serviteur tout en restant serviteur, devient maître, c'est-à-dire, quelqu’un d’une forte responsabilité comme si les biens de son maître étaient les siens. La fidélité ne nait que de la confiance et de l’amour du maître. Ce n’est pas au hasard que je juxtapose ces deux mots. Dans le mot confiance, il y a la préposition con, signifie avec et le mot fiance. Je tente de dire que cette attitude exprime l’amour quasi définitif qui sera accompli lorsque cette confiance sera sauvegardée dans la fidélité.

Et pour finir, pour quoi donc on doit toujours célébrer l’avent et garder cette attitude d’espérance en l’avenir ? En 2002, je logeais chez un ouvrier catholique pendant 40 jours, pour une période de stage vacancière. Je travaillais dans une usine de Honda ; de 7h00 à 16h00. Quant à lui, il partait le soir et parfois il travaillait dans la même usine de 21h00 à 03h00. Seul le dimanche, nous pouvions se s’entretenir et passer la journée ensemble ; le reste c’était vraiment très peu. Ce qui m’a toujours marqué, c’est le fait qu’il m’a confié de garder la maison pendant son absence, et de me préparer le petit déjeuner chaque jour. Je ne savais pas exactement à quelle heure il rentrait du travail le matin, ou l’heure lorsqu’ il se réveillait. Quand je me levais, je trouvais déjà à la table, l’eau chaude et le riz réchauffé du soir. Lui, il me semblait toujours disparaitre. J’allais dire, il continuait à dormir chez lui ou me précédait au travail.

Jésus historique se sépare de nous plus de trois millénaire. Cela ne signifie pas que nous n’avons aucun accès à lui. Il nous laisse l’Esprit saint comme héritage. Il reste la partie prenant de notre histoire dans ses paroles et l’eucharistie que célèbre l’Eglise. En ce pain et ce vin que nous recevons chaque jour, nous ne faisons pas seulement mémoire de sa venue historique qui nous a sauvés, mais nous y voyons l’actualisation de sa présence réelle. Comment, il est comme l’ouvrier dont je vous raconte l’histoire. Il nous échappe ; il nous le mystère dans la simplicité d’une hostie eucharistique. C’est notre petitdejourné ; le pain qui rend toujours actuelle sa présence. On le voit pas, mais ce pain, comme le petit déjeuner de l’ouvrier, fait mémoire comment il nous a tant aimé comme l’ouvrier qui exprimait par ce geste-là l’amour et l’affection pour moi sans avoir besoin d’être vu. L’avent c’est le temps de contempler l’amour infini du Seigneur et sa présence cachée dans la subtilité des événements de notre vie.

tardelly,sx

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